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L1: le Conseil d’Ethique allume les joueurs qui ont boycotté la campagne de lutte contre l'homophobie

L1: le Conseil d’Ethique allume les joueurs qui ont boycotté la campagne de lutte contre l'homophobie

Un sévère mise au point mais pas de poursuite. Le Conseil National de l’Ethique (CNE) a dénoncé les boycotts de plusieurs joueurs lors de la journée contre l’homophobie ce week-end. Le texte, très incisif en direction de ceux ayant snobé les matchs de L1 ou de L2 afin de ne pas avoir à porter les maillots avec les numéros aux couleurs arc-en-ciel, tranche avec l’absence de commentaire de la Ligue de football professionnel.

"Complices de comportements homophobes"

Après s’être réjoui de la réussite de l’opération malgré tout, le CNE enchaine avec une liste de remarques cinglantes contre les frondeurs. "Premièrement, en s’excluant d’une initiative nationale de lutte contre l'homophobie, ces joueurs doivent prendre conscience qu’ils font penser que certaines orientations sexuelles sont moins acceptables que d’autres, souligne le texte. Ce faisant, même s’ils n’en ont pas conscience, ils se rendent complices des comportements homophobes."

"Deuxièmement, chacun d’entre nous, de par sa couleur de peau, sa religion, son âge, son sexe, son orientation sexuelle, ses spécificités physiques, ou ses origines, a déjà fait l’objet ou est susceptible de faire l’objet de discriminations, poursuit le texte. Nous devons tous nous sentir concernés par toutes les discriminations, et pas seulement celles qui nous concernent. Refuser de lutter contre les discriminations qui touchent les autres, c’est risquer de cautionner les discriminations dont on peut faire soi-même l’objet. Troisièmement, il faut rappeler que les footballeurs sont considérés par beaucoup de jeunes comme des sources d'inspiration et des exemples. Leur comportement est observé, puis copié. Les footballeurs le savent et se doivent d’agir en conséquence. Refuser de participer à une opération nationale de cette nature, c’est connaitre et accepter le débat public qui s’ensuivra, dans les médias et dans la jeunesse et l’influence que cela peut avoir."

"Il est parfois nécessaire de mettre de côté certaines convictions personnelles"

La lettre appelle aussi les joueurs à voir plus loin que leurs propres intérêts ou convictions. "Enfin, chaque pays possède son histoire, sa culture, ses particularités, et la France ne fait pas exception à cette règle, poursuit le texte. Le football français, à bien des égards, incarne les valeurs de notre République. Il est donc parfois nécessaire, dans le football comme ailleurs, de mettre de côté certaines convictions personnelles pour adhérer à un socle commun. Pour ceux qui ne se sentent pas concernés par la lutte contre l’homophobie, porter un numéro arc-en-ciel dans le cadre d’une action nationale organisée par le football professionnel français doit faire partie de ces compromis et ne saurait présenter un caractère insupportable."

Malgré ce ton virulent, le CNE annonce qu’il ne saisira pas la commission de discipline "des comportements des quelques joueurs". "En revanche, il tient à appeler l’attention de ces joueurs sur la gravité de leur comportement et l’erreur qui est la leur. Le CNE se tient également à la disposition de ces joueurs pour les rencontrer et leur expliquer les conséquences de leurs actes de vive voix."

Article original publié sur RMC Sport