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L’UE fait un pas de plus contre les violences faites aux femmes

L’UE fait un pas de plus contre les violences faites aux femmes

C’est un pas de plus dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Le Parlement européen a approuvé la ratification de la Convention d'Istanbul par l'Union européenne. Cet instrument du Conseil de l'Europe, une institution internationale basée à Strasbourg, est entré en vigueur en 2014 pour lutter contre ce fléau. Son objectif est de renforcer la prévention contre les violences, protéger les victimes et punir les auteurs.

Une femme sur trois dans l'UE a été victime de violences physiques et ou sexuelles, ce qui représente 62 millions de personnes. Le Conseil de l'UE, l'institution qui représente les 27 Etats membres, doit ratifier à son tour le texte en juin. Toutefois, six pays membres n'ont pas adopté cette convention : la Bulgarie, la République tchèque, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie et la Slovaquie.

Euronews a interrogé Irene Rosales du Lobby européen des femmes, sur la portée de ce vote.

Euronews :

Eurodéputés et experts espèrent que les six Etats membres qui n'ont pas encore ratifié la convention se sentiront obligé de le faire ou du moins de changer d'attitude. Comment la situation peut évoluer dans ces pays ?

Irene Rosales :

Il faut qu'ils ressentent la pression, non seulement ceux qui n'ont pas ratifié, mais aussi certains États membres qui, bien qu'ayant ratifié, ne mettent pas en œuvre la Convention d'Istanbul. C'est dans ces pays que nos membres, nos organisations, les organisations de défense des droits des femmes et tous les autres partenaires de la société civile s'efforcent vraiment de faire passer des messages positifs sur la convention. Nous savons que des organisations d'extrême droite diffusent des fake news. Ces organisations ont donc vraiment besoin de soutien. Elles travaillent depuis des années à la mise en œuvre de ces outils, quel que soit le nom qu'on leur donne. Ces outils sont nécessaires, ils sauvent la vie des femmes.

Euronews :

Une eurodéputée autrichienne estime qu'il s'agit également d'un scole solide pour que la violence basée sur le genre obtienne le statut d'"eurocrime". Où en est la proposition de la Commission européenne ?

Irene Rosales :

Nous savons que le Parlement européen travaille à l'amélioration du texte de la directive pour le rendre encore plus complet et plus conforme aux normes de la Convention d'Istanbul. Cependant, nous sommes très préoccupés par le processus au niveau du Conseil. En effet, certains éléments inquiétants nous montrent que la proposition serait édulcorée. Concrètement, par exemple, il a été suggéré de supprimer l'article qui propose une définition pénale du viol. Il est donc fondamental pour nous, organisations pour la cause des femmes, que les États membres comprennent que nous n'apprécions pas le fait que la proposition de directive soit affaiblie et édulcorée et que le viol, l'une des violations fondamentales des droits des femmes, soit systématiquement appliqué pour réduire les femmes au silence.

Euronews :

Pendant la pandémie de Covid-19, ces crimes ont fortement augmenté. Quelles sont les mesures manquantes pour prévenir les violences faites aux femmes et que justice soit rendue aux victimes ?

Irene Rosales :

Nous avons besoin de mesures de prévention et la prévention est à la fois notre rôle, en tant que société, et les mécanismes d'éducation pour que l'éducation sexuelle féministe soit donnée dans les écoles, empêchant la banalisation généralisée des formes de violence qui commencent dès le plus jeune âge.