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L’ours, un roi déchu remis sur le trône

Un ours brun dans les Pyrénées.  - Credit:FRILET/SIPA
Un ours brun dans les Pyrénées. - Credit:FRILET/SIPA

Chaque année, au mois de février, dans les vallées pyrénéennes, un étrange rituel se déroule. Des hommes se drapent de fourrure et, toutes griffes dehors, courent dans les rues en poussant des grognements, à la recherche de femmes et de jeunes filles pour s'accoupler avec elles. Ils sont pourchassés par des chasseurs déterminés. Ce spectacle insolite trouve son dénouement dans une scène ritualisée : une fois capturé, l'homme-ours est rasé, retrouvant ainsi son humanité. Cette cérémonie marque la victoire de l'homme sur sa part animale, tout en exprimant le respect et la crainte envers l'ours, figure emblématique des Pyrénées.

D'un village à l'autre, le style peut varier, mais le scénario reste essentiellement le même, symbolisant la fin de l'hiver et la renaissance du printemps, avec l'ours qui se réveille de son hibernation. Après un déclin dans les années 1960, les festivités ont connu un regain d'intérêt au cours des trente dernières années, notamment grâce à leur inscription au Patrimoine culturel immatériel de l'Unesco, classement qui les place aux côtés de traditions culinaires telles que la baguette, ou sportives comme l'alpinisme.

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Fête de l'Ours à Arles-sur-Tech. Une fois capturé, l'ours est rasé. Sa tête lui est ensuite ôtée, et tout le monde danse et fait la fête. Des personnes de tous âges et de tous horizons y participent, en aidant à l'organisation, en jouant des rôles, en chantant ou en prenant part aux courses-poursuites. Ces pratiques se t [...] Lire la suite