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L’Aïd el-Fitr : El Haïry répond sur le « fichage », SOS Racisme s’indigne

Sarah El Hairy, ici lors des questions au gouvernement à l’Assemblée le 28 février 2023.
Sarah El Hairy, ici lors des questions au gouvernement à l’Assemblée le 28 février 2023.

POLITIQUE - Qui ici est « extrême » ? La secrétaire d’État à la Jeunesse Sarah El Haïry a provoqué l’indignation du président de SOS Racisme ce mardi 23 mai, en estimant que la polémique autour du « fichage » présumé d’élèves absents le jour de l’Aïd el-Fitr était le fruit d’un des « deux extrêmes » qui veulent « créer le trouble et fracturer » le pays.

« C’est honteux » de parler de fichage ethnique, estime Sarah El Haïry sur le plateau de franceinfo. Honteux et faux puisque selon elle, l’identité des personnes n’ayant pas été relevé, il ne s’agit pas d’un « fichage » mais d’un recensement. « Il est extrêmement et souvent utile d’étudier les conséquences de fêtes religieuses sur les services publics et notamment à l’école. Je ne laisserai pas s’installer cette fausse polémique qu’on voit monter depuis quelques jours », affirme-t-elle.

L’affaire a éclaté le week-end dernier quand il a été révélé que des policiers ont demandé à des chefs d’établissements scolaires de Toulouse de leur indiquer le nombre d’élèves absents le jour de l’Aïd el-Fitr. Dans la foulée du SNES FSU qui a tancé un « ciblage de la religion musulmane », SOS Racisme s’est ému d’une « demande particulièrement choquante en ce qu’elle associe la pratique religieuse musulmane à une question de sécurité ».

Mais Sarah Haïry n’en démord pas, cette accusation comme celle du « fichage » sont « honteuses ». « Dans notre pays, nous avons deux extrêmes en ce moment : une partie qui essaie d’opposer les Français entre eux et de jeter l’opprobre sur une pratique religieuse et une autre partie de notre pays essaye de créer une fausse polémique sur quelque chose qui est juste une photographie du fonctionnement de nos services publics à un moment donné. Laissez imaginer qu’aujourd’hui en France, on fiche des élèves en fonction de leur pratique religieuse ou pire, qu’on essayerait de les interdire, ce serait grave », ajoute la secrétaire d’État.

« Est-ce la nouvelle ligne du gouvernement ? »

Si elle n’a pas précisément cité SOS Racisme comme l’un des extrêmes, le sous-entendu, repérée par Libération, a fait réagir le président de l’association Dominique Sopo. « Chère
Élisabeth Borne, une membre de votre gouvernement, Sarah El Haïry, a renvoyé dos à dos l’extrême droite et SOS Racisme. Est-ce la nouvelle ligne du gouvernement ou s’agit-il de propos que vous-même jugez scandaleux ? »
, interroge-t-il, alors que des membres du gouvernement sont régulièrement accusés de « mettre un signe égal » entre certaines forces de gauche - La France Insoumise en particulier - et l’extrême droite.

Plusieurs députés LFI ont aussi relevé les propos de la secrétaire d’État, perçus comme « une attaque contre le mouvement anti-raciste », selon Paul Vannier. « S’en prendre à la Ligue des Droits de l’Homme, c’est s’en prendre aux droits de l’Homme. S’en prendre à SOS Racisme, c’est s’en prendre à l’antiracisme », tacle de son côté Raquel Garrido, en allusion aux propos polémiques du ministre de l’Intérieur sur les subventions de la LDH.

Réagissant sur Twitter, Sarah El Haïry s’est ensuite défendu d’avoir inclus SOS Racisme dans les extrêmes. « Soyons clairs : SOS Racisme est une association qui lutte contre tous les racismes et donc n’est pas un mouvement politique extrémiste ! Mon engagement contre l’extrême droite ne change pas », assure-t-elle.

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