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JO de Paris 2024 : des logements étudiants Crous réquisitionnés ? On fait le point

Un syndicat étudiant s’est insurgé des « réquisitions » de l’« ensemble des Crous d’Île-de-France » pendant les Jeux olympiques et paralympiques de Paris.

« Pour permettre l’organisation de Jeux olympiques destinés aux plus riches, l’ensemble des Crous d’Île-de-France sont touchés par des réquisitions. » Dans un tweet publié ce mercredi 10 mai, le nouveau syndicat L’Union étudiante, né d’une scission de l’Unef, affirme que des étudiants et des étudiantes seront « expulséEs de chez eux pendant l’été 2024 » pour permettre la tenue des compétitions sportives.

Le syndicat étudiant s’appuie sur une capture d’écran partagée sur Twitter, comme vous pouvez le voir ci-dessous. Ce message, non sourcé, semble être un courriel adressé par la direction d’une résidence universitaire à un ou une étudiante : « Nous vous informons que le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques nous demande de mettre à sa disposition la résidence Crous où vous êtes actuellement logé.e pendant les mois de juillet et août 2024 pour l’accueil des volontaires et partenaires mobilisés pour l’évènement ».

« La résidence devra être vide de tout occupant à compter du 1er juillet 2024. C’est pourquoi, à titre exceptionnel, le droit d’occupation qui va vous être consenti dans le cadre de votre renouvellement se terminera au 30/06/2024, date à laquelle vous devrez impérativement quitter votre logement », poursuit le texte.

Une situation qui n’a pas manqué de faire réagir jusqu’au personnel politique. « Après les expulsions d’hôtels sociaux, voilà venue la réquisition de logements Crous. L’organisation des Jeux olympiques et paralympiques ne doit pas se faire sur le dos des plus précaires », a dénoncé la députée EELV de Paris Sandrine Rousseau.

« Loger des athlètes et du personnel dans les Crous inoccupés l’été, pourquoi pas. Faire déménager des étudiants précaires, certainement pas », a également fustigé son collègue LFI du Val-de-Marne Louis Boyard. « Les étudiants n’ont pas à TOUJOURS être la variable d’ajustement, il est grand temps de commencer à les respecter. »

3 000 logements concernés

Le cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur Sylvie Retailleau confirme au HuffPost la démarche. L’organisation des Jeux olympiques « requiert, comme chacun le sait, un grand nombre de logements. Il se trouve que de très nombreux logements Crous sont inoccupés l’été. 3 000 logements Crous d’Île-de-France seront ainsi mis à disposition de l’organisation des Jeux », précise l’entourage de la ministre.

Face à la polémique naissante sur Twitter – le tweet de L’Union étudiante a été vu près de 50 000 fois à l’heure où nous écrivons ces lignes, et la capture d’écran d’origine plus de 1,7 million de fois –, le réseau national des Crous a également apporté des précisions sur le dispositif prévu.

« En l’absence de cours, l’été correspond à une période durant laquelle de nombreux logements publics gérés par les Crous ne sont pas occupés, alors que les besoins seront exceptionnellement très élevés dans cette période », explique l’organisme sur Twitter. « C’est en ce sens que le réseau des Crous a été sollicité par l’État pour mobiliser une part limitée de ses logements. »

Cette part représente 14 % des logements gérés par le Crous dans la région, précise l’entourage de Sylvie Retailleau, et non 7 % comme l’avait initialement annoncé le réseau des Crous. À titre de comparaison, ce sont 30 % des chambres étudiantes qui sont inoccupées l’été.

Une dizaine de résidences concernées

Sollicité par Le HuffPost, le réseau des Crous confirme que la mise à disposition de logements au profit des JO contraindra certains étudiants à quitter leur chambre en « cité U » durant l’été. Mais cela ne concernera qu’« une dizaine de résidences sur les plus de 150 que comptent les Crous franciliens », précise le centre national. Les étudiants en poursuite d’études « sont assurés » de retrouver leur chambre à la rentrée de septembre 2024, « sans payer de loyer sur la période estivale ».

En outre, « les étudiants souhaitant rester en Île-de-France durant la période pourront être relogés », précise l’institution.

Autant de garanties qui ne satisfont pas Éléonore Schmitt, porte-parole de L’Union étudiante. « On se demande où vont être relogés ceux qui veulent rester. Beaucoup d’étudiants ont des petits jobs, donc la question de la localisation est importante », souligne-t-elle notamment auprès du Parisien.

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