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JO 2024: la sabreuse ukrainienne Olga Kharlan s’insurge contre la réintégration des athlètes russes

Deuxième du Grand Prix de sabre d’Orléans ce samedi, l’Ukrainienne Olga Kharlan, très engagée pour son pays qui subit l’envahissement russe, pensait tenir la victoire. Mais à 8-2 en finale contre la Française Manon Apithy-Brunet, elle a fini par craquer (15-12). Une défaite moins grave, pour elle, que la décision prise par le Comité international olympique (CIO) d’autoriser la réintégration des athlètes russes et biélorusses de manière individuelle et neutre pour les Jeux de Paris.

"Cette décision n’a pas été facile à gérer mais je n’ai pas été surprise, car je ne crois pas qu’il y aura de bonnes décisions prises pour les athlètes ukrainiens à travers le monde", reconnaît Kharlan. "J’ai souvent été déçue, donc j’ai trouvé ça logiquement incompréhensible."

Dès le début du conflit, la sabreuse s’était engagée contre les Russes et les Biélorusses. Elle s’était insurgée contre la Fédération internationale d’escrime, la première à autoriser leur retour en mars. "Vous excluez le comité olympique russe mais vous laissez des athlètes avec le passeport russe qui représentent le comité olympique russe. Il va y avoir des 'Jeux de l’amitié' organisés par la Russie en 2024 – le CIO n’est pas d’accord - et je suis sûre que ces 'athlètes neutres' iront à ces Jeux et aux JO aussi. Cela veut dire qu’ils ne sont pas neutres."

"Ces gens tuent mes compatriotes"

Les yeux pétillants et émus, la championne olympique et six fois championne du monde poursuit: "C’est illogique. Ces excuses en disant que ce n’est pas une question de passeport, de nationalité…. Non! Les gens de cette nationalité tuent mes compatriotes. Ils provoquent, ils supportent cette guerre, supportent leur gouvernement, ils vont à des compétitions organisées par leur gouvernement qui fait cette guerre. C’est une accumulation de choses illogiques. C’est irrespectueux pour moi. Ils ont exclu la Russie car ils ont annexé nos territoires!"

Olga Kharlan n’a pas eu à affronter d’athlète de nationalité russe ces dernières semaines car elles ne viennent pas, vu les conditions imposées, sur les Coupes du monde. Mais aux championnats du monde de Milan, en juillet, l’Ukrainienne avait été disqualifiée puis réintégrée car elle n’avait pas serré la main de son adversaire russe. À la place, elle avait tendu son arme pour la saluer. L’athlète ne se sent pas soutenue.

"Après les Mondiaux de Milan, la Fédération internationale a fait une nouvelle liste d’athlètes ‘neutres’ et cela inclut des athlètes qui ont représenté l’armée! Comment vont-ils vérifier cette neutralité? Ce n’est pas raisonnable. Je peux vous montrer des photos de certains d’entre eux avec des uniformes et des médailles. Neutralité? Non."

La notion de neutralité en question

L’entraîneur de Kharlan, qui l’a accompagnée ce samedi, est du même avis que son athlète: "C’est une décision qui ne choisit rien. Neutre, ça veut dire quoi? Si vous prenez une décision, c’est noir ou blanc", développe-t-il. "En politique, parfois on reste au milieu pour trouver la bonne solution pour tout le monde. Selon moi, le plus important ce sont les critères que l’on choisit pour dire si un athlète est neutre. Si la plupart des athlètes peuvent dire qu’ils sont neutres car ils ont certaines caractéristiques, c’est une décision qui reste au milieu. Et je ne suis pas d’accord." Olga Kharlan sera aux Jeux olympiques de Paris 2024, pour représenter fièrement son pays meurtri. Acceptera-t-elle d’affronter une adversaire russe? "Je l’ai fait à Milan, oui. Mais je ne leur serrerai jamais la main."

Article original publié sur RMC Sport