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Interdictions de déplacement en Ligue 1: la menace inquiète déjà les supporteurs

Les supporteurs de football auront-ils encore le droit de soutenir leur équipe à l'extérieur? Après la mort d'un fan du FC Nantes et les nombreux incidents graves survenus dans les tribunes et autour des stades au cours des dernières semaines, la menace a été lancée par la ministre des Sports.

Soutenue par Vincent Labrune, le président de la Ligue de football professionnel (LFP), Amélie Oudéa-Castéra a soumis l'idée de serrer complètement la vis pour toutes les rencontres considérées à risque par les autorités. Ce qui est d'ores et déjà testé jusqu'au 18 décembre, comme l'a révélé RMC Sport.

L'Association nationale des supporters (ANS), interlocuteur majeur auprès des pouvoirs publics, n'a pas encore réagi à cette possible normalisation des interdictions de déplacement. Un silence qui explique la discrétion de plusieurs groupes de supporteurs, dans l'attente d'un communiqué pour faire bloc.

L'inquiétude est néanmoins présente. C'est notamment le cas chez les Monégasques, dont la réputation se fait surtout en-dehors du Stade Louis-II. Les restrictions sur la durée seraient un énorme coup dur pour eux qui restent sur quatre parcages visiteurs complets d'affilée (Reims, Lille, Le Havre, Paris) et qui s'estiment irréprochables.

"Pourquoi priver les autres supporteurs qui ne font rien du tout?"

Le même argument est d'ailleurs avancé à Lens. "C'est un peu fort d'interdire tout le monde, il y a des clubs qui n'ont rien fait, objecte Frédéric Lelièvre, membre actif des Goodboys de Wattrelos. Nous avons été à Séville, il n'y a eu aucun problème. On était 3.000. Dès que ça se passe en France, on interdit tout. (...) Il y a tout ce qu'il faut avec les caméras. Pourquoi priver les autres supporteurs qui ne font rien du tout?"

Même si les interdictions de déplacement devenaient systématiques, les supporteurs se demandent aussi si les restrictions continueront d'être annoncées à la dernière minute, comme c'est bien souvent le cas actuellement avec les arrêtés préfectoraux. "Ça engendre des gros problèmes financiers, note Franck Deffenain, repsonsable de la section du Chagnot à Tourcoing pour le Losc. Parfois les compagnies de bus ne remboursent pas. Donc pour des petites associations de supporteurs, c'est compliqué. Dernièrement à Lille, il y a une association qui a perdu 5.000 euros sur le déplacement à Marseille parce que la préfecture n'a pas autorisé le déplacement 48 heures avant. Il faut aussi penser qu'on n'est pas des entreprises, on est des sections. On est tous bénévoles. Financièrement, c'est très compliqué à gérer".

À force, conjuguée au contexte sécuritaire délicat, cette proposition gouvernementale peut avoir un effet de bord: la démotivation de certains supporteurs. "On se rend compte qu'il y a moins d'engouement quand on présente des projets de déplacement parce qu'il y a de l'inquiétude", observe Damien Février, président des Dogues Pompons à Lille. "Le foot, que ce soit à domicile ou en déplacement, ça devrait être une grande fête. Aujourd'hui, c'est davantage source d'inquiétude et les déplacements deviennent anxiogènes".

Article original publié sur RMC Sport