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Comment fonctionne la visioplainte, qui permet de porter plainte depuis chez soi?

Comment fonctionne la visioplainte, qui permet de porter plainte depuis chez soi?

Une phase d'expérimentation avant une ouverture au grand public. Depuis le 9 mai, 14 communes des Yvelines testent la visioplainte, comprendre le dépôt de plainte par visioconférence, sans se déplacer au commissariat de police ou en gendarmerie. Comme l'indique le site du ministère de l'Intérieur, il s'agit d'un service gratuit "accessible depuis le portail FranceConnect."

Le plaignant doit dans un premier temps se rendre sur le site du ministère de l'Intérieur et cliquer sur l'onglet "Ma sécurité." Là, il doit répondre à une série de questions avant de pouvoir prendre rendez-vous en s'identifiant avec FranceConnect, à la manière de la plateforme Doctolib.

"La police s'adapte à l'emploi du temps"

Dans l'un des commissariats qui participe à l'expérimentation, à Élancourt dans les Yvelines, les policiers semblent satisfaits de ce nouvel outil. "Ça n’enlève rien, il y a même une petite plus-value car la personne est plus à l’aise, dans son élément", fait valoir le brigadier Étienne.

"C’est quelqu’un qui est chez soi, au travail, ça impressionne un peu moins que d’entrer dans un commissariat", dit-il.

De son côté, Alexis Maurin, commissaire du poste de police d'Élancourt et chef de la sûreté urbaine de la circonscription, qui compte neuf communes en phase de test, pointe un gain de temps et un désengorgement de son commissariat, qui peut dissuader de déposer plainte.

"Il peut y avoir des personnes qui sont découragées d’aller au commissariat parce qu’elles se disent qu’elles vont devoir attendre. Ça permet de passer outre cette attente, ça permet que la police s’adapte à l’emploi du temps de la victime", ajoute-t-il.

La rencontre réelle parfois nécessaire

Selon Le Parisien, actuellement, une quinzaine de policiers sont formés à ce dépôt de plainte d'un genre nouveau. Avant l'entretien, ils doivent s'assurer, via la caméra, de l'identité du plaignant, mais également que rien ni personne ne peut venir troubler la tranquilité de l'échange.

En ce qui concerne l'étape fatidique de la signature du document, un document est à renvoyer dans le cadre des petits délits. En revanche, un rendez-vous est donné directement au commissariat pour les dossiers plus sensibles: viols, violences intrafamilales ou agressions sexuelles.

Me Karen Noblinski, avocate en droit pénal au barreau de Paris, estime auprès de BFMTV que dans les cas les plus graves, la rencontre est nécessaire au bon déroulé de l'enquête.

"C’est important pour la police pour pouvoir au mieux appréhender les faits, d’avoir la victime face à elle. C’est parfois plus simple d’apprécier un retentissement psychologique, c’est important qu’il puisse y avoir ce lien humain", dit-elle.

Article original publié sur BFMTV.com