F1: mais qu’a fait Zinédine Zidane avec Alpine cette année?

Le 6 février dernier, à Londres, lors de la présentation de la nouvelle monoplace Alpine, l’annonce avait fait son effet. Le secret avait été bien gardé et le visage de Laurent Rossi, alors directeur de la marque Alpine, présentait un sourire jusque-là en annonçant que Zinédine Zidane était nommé ambassadeur d’Alpine. L’ancien n°10 des Bleus était alors arrivé sur scène, tout sourire, expliquant sa passion du sport automobile et son engagement au sein de l’écurie française. "Il me semble évidemment important de dire aux enfants que, d’où qu’ils viennent, ils peuvent devenir un jour des championnes et champions dans leur sport ou dans leur domaine, qu’il faut toujours croire en ses rêves", déclarait alors Zidane, faisant aussi référence à son histoire, celle d’un gamin de la Castellane à Marseille devenu meilleur joueur du monde.

Le Français était, ce jour-là, nommé ambassadeur et parrain des programmes pour l’égalité des chances chez Alpine, notamment pour le programme "Rac(H)er", qui accompagne des jeunes filles ou des femmes pour "renforcer la méritocratie entre les sexes dans tous les domaines de l’entreprise" L’implication du Ballon d’Or 1998 lors du le Concours d’Excellence Mécanique organisé par Alpine était aussi prévue, tout comme sa "participation à la réflexion sur la transition vers le futur de l’automobile et sur le développement des modèles d’Alpine de demain". En quelques mots: diversité, inclusion, méritocratie.

Trois apparitions publiques

Dix mois plus tard, Zinédine Zidane n’a fait que quelques apparitions publiques avec Alpine. Il y en a eu trois, exactement, en comptant celle de février, à Londres. Le champion du monde Français a bien accompagné les jeunes lors du Concours d’Excellence Mécanique d’Alpine (CEMA), qui vise à promouvoir les talents du secteur du génie mécanique. Lors de la finale en mai, à Viry-Châtillon, ZZ a rendu visite aux concurrents avec Laurent Rossi pour "échanger sur leurs parcours professionnels, les enjeux d'excellence et leurs rêves d'avenir". Veste Alpine avec les liserés bleu-blanc-rouge sur le dos, il a promené son sourire dans l’usine et échangé avec les concurrents. "Ces jeunes du CEMA sont impressionnants! Tant par leur passion pour ce métier que par leur besoin de se dépasser, de tout faire pour réussir, disait Zidane dans des propos relatés par l’écurie. J'adore les échanges. Et si je peux transmettre deux ou trois choses de mon expérience... Arriver ici pour beaucoup d'entre eux est assez magique. C'est ce que signifie avoir une opportunité. Ça me parle vraiment".

"Il m’a dit que tout est possible"

L’expérience et la transmission sont les principales raisons de la venue de l’ancien meneur de jeu. Et son discours semble infuser auprès des jeunes. "Il m’a dit que tout est possible, il faut juste croire en ses rêves et travailler dur pour les réaliser, raconte Nicolas Lucien, l’un des lauréats, à RMC Sport. On a eu un bon moment d’échange, c’est génial d’avoir de ses conseils, il n’y a n’a pas meilleur exemple !" Son binôme, Lucas Stawski, a aussi apprécié: "Il a réussi à nous apaiser et à nous conseiller, à ne jamais baisser les bras devant la défaite. Il est vraiment souriant, calme, posé, il a toujours les bons mots pour conseiller et rassurer. Cela m’a un peu stressé quand même car c’est une star".

Une star simple et accessible disent ceux qui l’ont croisé dans le cadre de sa mission avec l’écurie tricolore. Même s’il y a évidemment des règles: les médias, les quelques fois où il est possible de parler à Zidane, sont invités à ne pas évoquer le football. Nicolas Lucien, du Concours d’Excellence, en a aussi "très peu parlé" avec lui. ZZ s’exprimait mieux sur le terrain et ce fut encore le cas le 12 décembre dernier, à Madrid. L’ancien joueur et entraîneur du Real accueillait, en quelque sorte chez lui, des pilotes de la "famille Alpine". Parmi eux, les stars de F1, de F2 mais aussi de rallye et de karting. Au programme, une visite du stade Santiago Bernabeu, puis du musée du Real Madrid. Tous ont pu admirer les trophées ramenés par ZZ en tant que joueur puis entraîneur et ce beau monde fut suivi, au fur et à mesure que la visite avançait, par des dizaines de curieux tout heureux de voir le Français devant eux.

Karting puis match de foot avec les pilotes

La troupe s’est ensuite rendue sur une piste de karting au volant d’une Alpine A110, évidemment. Après avoir reçu quelques conseils de la très prometteuse Lisa Billard, 14 ans, Zidane, équipé d’une combinaison et d’un casque Alpine, s’est lancé face à Esteban Ocon et Pierre Gasly notamment. "On s'est bien tiré la bourre, on a eu une petite bagarre sympa. Il avait quand même un bon petit coup de volant. Honnêtement il s'est bien débrouillé", racontait ensuite Pierre Gasly sur RMC. Zizou s’est même parfois accroché en piste avec les deux stars de la F1. Gasly ajoute, admiratif : "J’ai toujours été un énorme fan de Zizou et le fait d'avoir passé du temps personnellement avec lui, c'est un mec incroyable. Son humilité, sa simplicité et même le fait qu'il soit super accessible. Là on était avec tous les jeunes de l'académie, des gamins de dix ou douze ans, et il prend le temps pour tout le monde. On a beaucoup parlé, sur sa carrière et même sur sa préparation en tant que manager, comment il gérait les athlètes. Un super échange et je suis vraiment très, très content qu'il fasse partie du projet Alpine".

Toujours discret sur le football

Gasly n’a pas pris le n°10 en course pour rien… Pour finir cette journée madrilène, les pilotes ont participé à une petite partie de football lors de laquelle Zidane a choisi les équipes. Un match lors duquel Pierre Gasly s’est distingué et où l’ex n°10 des Bleus a joué tranquillement, sans prendre de risques. "On sent qu’il a un vécu dans le sport de haut niveau, qu’il sait faire. Il a eu moins de mal à s’adapter au karting que nous au football. On voit qu’il aime bien les voitures quand même. On a vu aux regards et aux questions qu’il a posées que ça l’intéressait!", relate Raphaël Astier, pilote de rallye présent à Madrid.

Ce rôle d’ambassadeur est-il utile ou symbolique ? "Il y a un peu les deux, ce n’est pas du tout la même discipline, répond Astier. Mais c’est marrant de comparer un peu les moments de carrières, que ce soit les négociations, la préparation d’un match ou d’une course. Il ne se met pas en avant, on a eu des discussions très simples, il a l’air très humble. On a échangé deux ou trois fois notamment pendant la visite du stade, sur l’utilisation de chaussures crampon par exemple. Il m’a posé deux ou trois questions sur la voiture de Pike’s Speak pour savoir comment elle était conçue, des petits échanges."

Peu mis en avant

Cette première année avec Zizou n’a pas aidé Alpine à performer en F1, sixième au classement des constructeurs et davantage mise en avant pour ses incidents de course et ses mouvements en coulisse que pour ses bonnes performances. Comme convenu, le champion du monde tricolore n’a pas non plus mis son image à disposition de la marque. Pas de pubs ou de campagnes promotionnelles. Zidane n’a publié que deux posts sur Instagram. Un rythme et une mission qui lui plaisent: "Je suis heureux de pouvoir transmettre certaines expériences liées à ma vie sportive, mais aussi personnelle, à travers les programmes Rac(H)er et CEMA, expliquait ZZ dans un communiqué après la journée en Espagne. Bien que nous venions de domaines différents, nous avons tous finalement un objectif commun: vivre notre passion, la recherche de la haute performance et de l’excellence. D’où que vous veniez ! C’est donc formidable de pouvoir partager des moments, des expériences et des idées avec les jeunes engagés dans ces deux programmes magnifiques et riches de sens. J’attends avec impatience d’autres journées comme celle-ci dans un avenir proche, et j’ai surtout hâte de les voir un jour réussir à vivre leur rêve."

Article original publié sur RMC Sport