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Equipe de France féminine: dans une campagne contre le harcèlement en ligne, Wendie Renard dit avoir été comparée à un "singe"

Wendie Renard est l'un des visages de la nouvelle campagne de sensibilisation contre le harcèlement en ligne de l'UEFA, nommée #RealScars (vraies cicatrices en français). Dans un extrait publié sur les réseaux sociaux de l'équipe de France, la capitaine des Bleues raconte avoir été victime d'insultes, parfois racistes, après avoir marqué contre-son-camp dans un match contre la Norvège lors de la Coupe du monde 2019 ayant lieu en France.

"Tout de suite j'ai reçu des insultes"

La vidéo diffusée par la communication tricolore est en fait un extrait d'une série documentaire de l'UEFA nommée "Outraged" qui retrace tous les abus vécus par les joueuses et joueurs de foot comme le racisme, l'homophobie, le sexisme, la haine des réfugiés et donc le harcèlement en ligne. Wendie Renard figure dans ce dernier épisode, où son témoignage est mélangé à ceux de Jorginho, Kai Havertz, Alisha Lehmann, Karen Carney et Patrick Vieira.

"Une insulte reste une insulte, que ça soit sur les réseaux sociaux ou dans la vraie vie", pose la défenseuse de l'OL avant de retracer sa propre expérience. "Pendant la Coupe du monde 2019 en France, lors de mon premier match, j'ai marqué un doublé. Et je reçois que des éloges sur les réseaux sociaux. Lors de mon deuxième match, je marque contre mon camp et tout de suite j'ai reçu des insultes. Mon visage a été transformé en singe, beaucoup de critiques aussi à cause de mes cheveux", ajoute-t-elle.

"De voir qu'on traite sa fille de singe c'est douloureux"

"Il y a des gens qui ont besoin de se nourrir des réseaux sociaux pour pouvoir vivre et y a des gens qui malheureusement après un match ou d'autres choses ne peuvent pas ne pas y aller, se désole-t-elle à propos de certaines coéquipières. Même si c'est négatif, elles savent que ce n'est pas bon. Mais elles vont quand même y aller mais il ne faut pas oublier que c'est une addiction."

"Ce sont des gens qui sont derrière leur portable ou leur ordinateur et qui malheureusement n'ont peut-être pas réussi dans ce qu'il voulait. Ou qui voulaient faire la même chose, tente d'expliquer Wendie Renard. Je pense que ça peut laisser des vraies cicatrices, surtout si en face ce sont des personnes déjà fragiles psychologiquement. Quand on balance une phrase sur les réseaux, on ne se rend pas compte des conséquences de celle-ci."

"Ça peut laisser des traces parce qu'on est humain, qu'on a des émotions. J'ai toujours tendance à dire que ça fait plus mal pour mes parents, pour ma mère. De voir qu'on traite sa fille de singe c'est douloureux. On fait pas mal de campagnes pour diverses causes mais je pense que les sanctions doivent être encore plus sévères."

Article original publié sur RMC Sport