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Bob Beamon, suspendu dans les airs

Stade olympique de Mexico, jour de finale du saut en longueur. Le ciel est menaçant et l’orage gronde. Quelque chose est sur le point de se produire. Ce n’est pas la foudre qui va s’abattre sur le sautoir mais c’est tout comme. Ce 18 octobre 1968, quand Bob Beamon s’élance pour son premier essai, trois sauteurs (parmi les seize finalistes) ont déjà tenté leur chance. Ils ont tous mordu. L’Américain de 22 ans a donc l’occasion de lancer réellement le concours avec un premier saut mesuré. Le mercure indique 23,5 degrés et le taux d’humidité 42 %. Les conditions sont idéales.

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Peu avant 16 heures et une averse torrentielle, le sauteur aux longs segments d’échassier – 1,90 mètre pour 72 kilos – prend son élan et, au terme de 19 foulées hypersoniques, s’envole. Il plane littéralement. Si haut, si longtemps et si loin qu’on aurait pu en faire une nouvelle devise olympique. Les officiels n’y croient pas leurs yeux. Venu d’un autre temps, le bond de Beamon repousse toutes les limites, y compris celles de la technologie. Le capteur optique qui mesure chaque saut ne peut aller au-delà de 8,60 mètres, une distance que les officiels pensent alors inatteignable. Il faut dire que le record du monde de la discipline est alors encore établi à 8,35 mètres. Impossible d’imaginer la meilleure marque de l’histoire effacée de plus 25 centimètres dans une discipline qui n’en a gagné que 22 en 33 ans (en 19...


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