Publicité

Benjamin Brière et Bernard Phelan, otages en Iran, sont arrivés à Paris

C’est à bord de cet avion que sont rentrés en France Benjamin Brière et Bertrand Phelan, deux otages français détenus en Iran dont la libération a été annoncée ce vendredi 12 mai.
C’est à bord de cet avion que sont rentrés en France Benjamin Brière et Bertrand Phelan, deux otages français détenus en Iran dont la libération a été annoncée ce vendredi 12 mai.

OTAGES - Enfin libres. Après respectivement trois ans et sept mois de détention en Iran, Benjamin Brière et Bernard Phelan, deux Français libérés par la République islamique, sont arrivés ce vendredi 12 mai, affaiblis et malade, à l’aéroport du Bourget, près de Paris.

Benjamin Brière, 37 ans, très diminué par une grève de la faim, avait été arrêté en mai 2020, accusé d’espionnage après avoir capturé des images à l’aide d’un drone dans une zone interdite. Bernard Phelan, 64 ans, consultant en tourisme, également malade, avait été arrêté le 3 octobre 2022 pour atteinte à la sécurité nationale.

Les deux hommes, qui ont toujours clamé leur innocence, ont été libérés « de bonne foi », dans le cadre d’« une action humanitaire », a déclaré dans un communiqué le ministère iranien des Affaires étrangères, évoquant des « sollicitations de la partie française à différents niveaux et après des négociations ».

Ils ont bénéficié d’une « prise en charge médicale dès leur sortie de prison », a précisé la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna. « Il était temps que cette libération intervienne avant qu’une catastrophe ne survienne », a confié à l’AFP Me Philippe Valent, l’avocat de Benjamin Brière, évoquant « un vrai risque vital ».

« Nous ne pouvons pas vous dire à quel point nous sommes soulagés »

« On évite un drame. Je n’ai pas de mots pour décrire la joie ressentie », a réagi sa soeur Blandine Brière auprès de l’AFP. La soeur de Bernard Phelan, Caroline Massé-Phelan, avait récemment souligné que son frère commençait à perdre la vue et marchait difficilement. « Nous ne pouvons pas vous dire à quel point nous sommes soulagés », a-t-elle déclaré dans un communiqué adressé à l’AFP, précisant qu’il avait désormais besoin de « se reconstruire » et n’accepterait « pas de demandes d’interviews pour le moment ».

Le Falcon 900 de la compagnie Airlec, spécialiste des transports aéromédicaux, capable de transporter des passagers sur civière qui avait décollé de Mashhad (nord-est de l’Iran) s’est posé à l’aéroport de Paris-Le Bourget à 19 heures 30. « Merci à tous ceux qui ont oeuvré à cette issue », a tweeté le président français Emmanuel Macron.

« A l’occasion d’un échange ce matin avec mon homologue iranien, M. Hossein Amir-Abdollahian, j’ai remercié tous ceux qui ont oeuvré à ces libérations », a fait savoir Catherine Colonna. « Nous allons continuer à travailler en Européens à la libération de nos ressortissants, ils sont encore quatre, et de tous les ressortissants européens, trop nombreux hélas, détenus sans raisons en Iran », a-t-elle assuré au cours d’un point de presse avec son homologue irlandais Micheal Martin en marge d’une réunion ministérielle européenne à Stockholm.

Quatre Français toujours détenus

La Belgique cherche à obtenir la libération du travailleur humanitaire Olivier Vandecasteele, arrêté le 24 février 2022 à Téhéran, puis condamné pour « espionnage ». Elle pourrait intervenir en échange du retour dans la capitale iranienne d’un diplomate, Assadollah Assadi, condamné en Belgique en 2021 à vingt ans de prison pour un projet d’attentat qui devait viser un rassemblement du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI, une coalition d’opposants), en France en 2018.

Concernant les Français, les cas qui préoccupent sont ceux de Cécile Kohler et de Jacques Paris, arrêtés le 7 mai 2022, « lors d’un séjour touristique » selon leurs proches, et d’un consultant de 35 ans, Louis Arnaud, arrêté le 28 septembre à Téhéran, lui aussi allé en Iran en touriste. Un autre Français est également détenu mais son identité n’a jamais été rendue publique. La chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah, arrêtée en 2019 puis condamnée à cinq ans de prison pour atteinte à la sécurité nationale, a, quant à elle, été libérée le 10 février mais ne peut quitter l’Iran.

Depuis des mois, la France dénonce ces détentions arbitraires, parlant d’« otages d’Etat ». D’autres pays européens et des défenseurs des droits humains accusent Téhéran de détenir des dizaines d’étrangers dans une stratégie de chantage appelée « diplomatie des otages ». Mais face à un régime qui multiplie les emprisonnements et les condamnations à mort, la marge de manoeuvre pour libérer les Occidentaux s’est réduite, dans le contexte des manifestations qui ont suivi la mort de la jeune Iranienne Mahsa Amini.

À voir également sur Le HuffPost :

Benjamin Brière et Bernard Phelan libérés en Iran : qu’est-ce que la diplomatie des otages ?

En Iran, Téhéran a fermé 150 commerces en 24h pour non-respect du voile obligatoire