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Attentat de Trèbes : l’imprudente relation entre un accusé et un délégué du préfet

Le magasin Super U de Trèbes où ont eu lieu l'attaque terroriste et la prise d'otages, le 23 mars 2018, par Radouane Lakdim.   - Credit:ANDBZ/Abaca
Le magasin Super U de Trèbes où ont eu lieu l'attaque terroriste et la prise d'otages, le 23 mars 2018, par Radouane Lakdim. - Credit:ANDBZ/Abaca

Le dealer, le terroriste et… le délégué du préfet. La fable se joue au quartier Ozanam, à Carcassonne (Aude), en 2018. Elle en dit plus sur une certaine politique de la ville qu'elle n'éclaire sur les circonstances de l'attentat de Trèbes. Mardi 6 février, à la cour d'assises spéciale de Paris, il se racontait une histoire dans l'histoire : celle de l'imprudente relation entre Reda El Yaakoubi – l'un des accusés réputé proche du terroriste Radouane Lakdim – et un délégué du préfet de l'Aude.

Après l'attentat de Trèbes en mars 2018, les enquêteurs de la sous-direction antiterroriste placent Reda El Yaakoubi sous surveillance. L'accusé travaille officiellement comme ouvrier sur un chantier. Le week-end, il entraîne les jeunes du club de football local, l'Olympique Ozanam. Il exploite aussi un garage où il achète des véhicules et entend ouvrir un bar à chicha.

Dans un article de La Dépêche, qui a mal vieilli, cet homme influent est présenté comme un bienfaiteur du quartier qui aide les jeunes en réinsertion. Mais ses activités officieuses sont plus floues. Reda El Yaakoubi change très régulièrement de téléphone. Des papiers sont retrouvés avec des sommes et des dates, laissant penser à un inventaire de trafic de stupéfiants.

« 70 pains » de drogue

Entre 2015 et 2018, Reda El Yaakoubi est connu de la justice pour dégradations, usage et détention de stupéfiants et refus d'obtempérer. C'est aussi lui que les policiers contrôlent au volant de sa Twingo, avec 1 500 e [...] Lire la suite