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Les athlètes de haut niveau soignent leur e-réputation

Les athlètes de haut niveau soignent leur e-réputation

Malgré son immense palmarès, Ange Künzli doit régulièrement troquer la force de ses poings pour le poids des mots.

Sur les réseaux sociaux, le boxeur de 30 ans raconte son parcours.

Objectif : gagner en visibilité, pour vivre de sa passion.

_"Le meilleur des meilleurs s’il n’a pas de réseau, il ne sera pas connu,_dit-il.Le déclencheur qui m’a fait me mettre sur les réseaux c’est surtout le fait que j’ai vu qu’il y a pleins de gens qui ont commencé à se mettre au sport qui n’étaient pas spécialement bons dans ce qu’ils faisaient, mais qui avaient énormément de notoriété et c’est grâce à ça qu’ils ont pu en vivre."

Indispensables pour attirer médias, sponsors et engager sa communauté : les contenus postés en ligne peuvent propulser une carrière.

Avec leur image, les athlètes doivent susciter la ferveur internautes.

Car désormais, le talent ne suffit plus. Le succès se mesure aussi avec les statistiques numériques, comme le nombre de likes et d’abonnés.

"Au-delà de l’aspect visibilité, c’est un enjeu financier : plus je ramène du monde, plus les promoteurs voudront se battre pour m’avoir, estime Ange Künzli. Donc je suis obligé de faire du contenu pour être sûr d’être suivi. Malheureusement, on doit avoir deux casquettes : celle de l'athlète et celle du Community manager."

Soigner son image est crucial à l’approche des Jeux olympiques et paralympiques de Paris, surtout pour les athlètes russes et bélarusses.

Autorisés à participer sous bannière neutre à condition de ne pas avoir approuvé la guerre en Ukraine, c’est une société d’e-réputation, dont le nom est tenu secret, qui scrutera leur passé numérique à la recherche d’éventuelles preuves de soutien.

Un cas spécifique, qui ne doit pas faire oublier les risques de l’e-réputation, Arthur Richer, directeur de l’offre Sport & Réputation chez Havas.

"L’e-réputation n’est qu’une composante de la réputation, explique-t-il. Souvent on voit que l’e-réputation est un miroir grossissant mais aussi un miroir déformant de la réalité. On voit souvent chez les sportifs ce phénomène d’emballement sur les réseaux sociaux. Il y a aussi un risque psychologique pour les sportifs."

A quelques mois des JO, 6 russes et 5 bélarusses sont pour l’instant qualifiés en tant qu’athlètes individuels neutres. Notamment en lutte, en cyclisme et en natation.

Et pour certains, leur neutralité est déjà contestée.

Mais le Comité international olympique (CIO) assure que le contrôle des identités numériques fonctionne. Et que l’image de ces sportifs sera scrutée avant, pendant et après la compétition.