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Après Sainte-Soline, ces élus Nupes et la préfecture se renvoient la balle sur la prise en charge des blessés

Après Sainte-Soline, ces élus Nupes et préfecture se renvoient la balle sur la prise en charge des blessés
Après Sainte-Soline, ces élus Nupes et préfecture se renvoient la balle sur la prise en charge des blessés

MANIFESTATION - Les versions comme les interprétations ne pourraient pas être plus différentes. Alors que les chantiers des bassines de Sainte-Soline ont été le théâtre de violents affrontements ce samedi 25 mars entre manifestants et force de l’ordre, certains élus de gauche accusent la préfecture de n’avoir pas suffisamment protégé les blessés.

Le bilan des violences de la veille demeure incertain. Alors que le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a évoqué 24 gendarmes et 7 manifestants blessés, le mouvement Les Soulèvements de la Terre, co-organisateur de la manifestation interdite par la préfecture, en évoque lui près de 200. Par ailleurs, le parquet de Niort a confirmé que le pronostic vital est engagé pour un des manifestants blessés.

Une enquête a été ouverte « pour déterminer la nature exacte » des blessures graves de trois manifestants au total et « les circonstances dans lesquelles » ces personnes ont été blessées, a précisé le procureur Julien Wattebled dans un communiqué de presse. Les organisateurs de la manifestation affirmaient depuis samedi que l’une d’elles était entre la vie et la mort.

« Je n’ai pas compris la pertinence de nous envoyer des grenades »

La secrétaire nationale d’EELV Marine Tondelier, présente dans le cortège dont la majeure partie est restée pacifique, a dénoncé dès la fin de journée auprès du HuffPost des tirs de grenades vers des personnes blessées et l’intervention de quads.

« On est arrivé avec le cortège quand déjà des voitures étaient en feu (...) Ce que je peux vous dire c’est qu’on a vu qu’il y avait des quads qui arrivaient, des tirs qui allaient être faits, donc on s’est mis autour des blessés pour les protéger avec les élus écologistes qui avaient des écharpes. Je n’ai pas compris la pertinence de nous envoyer des grenades de désencerclement sur nous (...) et sur les blessés qu’on a dû évacuer dans une panique pas possible, les yeux pleins de lacrymos » raconte la patronne des écologistes. Marine Tondelier accuse également le ministère de l’Intérieure : « de surenchère autour de cet événement »

Son récit fait écho à celui partagé par d’autres élus présents sur place, à l’instar de l’eurodéputé EELV David Cormand, mais aussi de Clémence Guetté, députée LFI, ou encore de Benjamin Badouard élu EELV à la métropole de Lyon.

Photo à l’appui, Clémence Guetté montre notamment sur Twitter le moment où les élus ont formé une chaîne autour des blessés. « Mais la violence de ce gouvernement s’abat sur tous les corps sans distinction. Nous avons même été spécifiquement visés. Une grenade est tombée à mes pieds », ajoute-t-elle ensuite.

Comme, Marine Tondelier, David Corman assure que l’irruption de quads et de lacrymogènes a forcé à déplacer les blessés. « Nous avons ensuite tenté d’alerter les autorités pour qu’elles fassent parvenir sur place des secours pour évacuer les blessé•es les plus graves », indique encore l’eurodéputé, quand sont collègue Benjamin Badouard évoque « des tirs à l’aveugle ».

Réponse de la préfecture et de Darmanin

Outre les élus présents qui pointent du doigt la préfecture, des témoins interrogés par l’AFP et des observateurs de la Ligue des droits de l’Homme ont déploré que la prise en charge d’un blessé grave ait été retardée par les autorités. Dans un communiqué ce dimanche soir, la LDH met formellement en cause les forces de l’ordre. « Nous avons constaté un usage immodéré et indiscriminé de la force sur l’ensemble des personnes présentes, avec un objectif clair : empêcher l’accès à la bassine, quel qu’en soit le coût humain », écrit la LDH, qui avait mandaté sur place 22 observateurs des libertés publiques et des pratiques policières.

La préfecture comme le ministère de l’Intérieur ont deleur côté déploré les violences visant les forces de l’ordre. La préfète des Deux-Sèvres assurait sur Twitter que « lors de l’opération d’évacuation des blessés, les gendarmes ont été attaqués par des individus armés d’engins incendiaires alors que les heurts avaient cessé. Ils ont dû répondre pour écarter cette menace ». Elle assure également qu’à « aucun moment, les élus n’ont été identifiés dans cette zone ».

Lors d’un point presse en fin de journée samedi, Gérald Darmanin évoquait à nouveau des violences d’activistes qui ont perturbé la prise en charge des blessés.

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