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Affaire Théo : ce que le policier auteur du coup de matraque a déclaré lors de son procès

Pour le prévenu, Marc-Antoine Castelain, il ne s’agissait pas d’un « coup démesuré ». Le fonctionnaire de police risque jusqu’à quinze ans de prison.

Théo Luhaka arrive au procès des trois policiers, le 9 janvier 2024. - Credit:BENOIT TESSIER / X07241 / REUTERS

Même s'il a laissé sa victime infirme à vie, le coup porté avec sa matraque n'était pas « démesuré » , s'est défendu ce mercredi 17 janvier le policier Marc-Antoine Castelain devant les assises de Seine-Saint-Denis, où il est jugé pour des violences lors de l'interpellation de Théo Luhaka. C'est parce que le jeune homme, 29 ans, garde des séquelles irréversibles de son arrestation, le 2 février 2017 à Aulnay-sous-Bois, que le gardien de la paix se retrouve sur le banc des accusés avec deux de ses collègues, fait rare dans des affaires de violences policières.

Lorsque Marc-Antoine Castelain intervient ce jour-là pour participer au contrôle d'un groupe de jeunes dans la cité des 3 000, il a déjà son bâton télescopique de défense (BTD) à la main. Le ton monte aussitôt entre les protagonistes. « Tout va très vite. Une échauffourée rapide » , décrit à la barre le fonctionnaire de 34 ans. Théo Luhaka « m'attrape au niveau du col, de manière virulente » , poursuit-il, sans parvenir à justifier le comportement de la victime.

« Quelque chose qui me hante »

Son collègue Jérémie Dulin procède alors à l'interpellation du jeune homme, athlétique. Il l'amène au sol et chute. « Je viens porter secours » , explique Marc-Antoine Castelain, petit gabarit aux lunettes fines. Avec sa matraque, il « tape au niveau des bras » , « sur les masses musculaires » puis sur « le haut de la cuisse pour le faire fléchir » . « Vous avez l'habitude de viser le muscle fessier ? » , interroge [...] Lire la suite

VIDÉO - Story 2 : La vidéo de l'interpellation de Théo diffusée - 10/01