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"Tout ça pour ça": les coulisses du procès du supporter de Bordeaux qui a agressé un joueur de Rodez

L’audience aura duré près de quatre heures. Long, très long pour un procès qui a finalement accouché d’une peine clémente pour Marc, le supporter girondin jugé six mois après avoir bousculé le joueur de Rodez Lucas Buades, en plein match de Ligue 2 au Matmut Atlantique (le 2 juin dernier).

La légèreté de la peine, on y viendra, contraste avec l’impact médiatique de ce procès. Ce lundi 27 novembre, la petite salle d’audience a rapidement fait le plein et de nombreuses personnes souhaitant assister au procès ont dû se serrer les unes contre les autres en restant debout. Dès sa prise de parole, Marc a reconnu son geste en invoquant un "excès de passion".

"J’ai fauté", a-t-il déclaré plusieurs fois, mais "je ne voulais pas l’agresser".

Dans la salle, les amis de Marc, membres des Ultramarines, sont venus le soutenir. Les Girondins de Bordeaux sont représentés par leur directeur général Thomas Jacquemier. Bordeaux, Rodez, le clan Buades et la LFP se sont constitués parties civiles. Chacun y allant de sa plaidoirie. Bordeaux et Rodez en profitant pour faire passer des messages interposés sur les comportements antisportifs des deux clubs suite à cet évènement et à la défaite prononcée sur tapis vert. Symbole d’un procès de "tous les excès et de beaucoup d’outrance", d’après Hubert Hazéra, l’avocat de la défense: la plaidoirie de l’avocat de la LFP qui compare ce geste... à un viol.

2000 euros d'amende, deux ans d'interdiction de stade

Ou encore la réquisition de plus de 45 minutes du procureur de la République s’attardant à comparer le monde du football et du rugby, s’épanchant à improviser un quiz.

"Pourquoi le prévenu est-il descendu de la pelouse? Pour trouver un trèfle à quatre feuilles? Pour retrouver ses clés de voiture? Pour faire un selfie avec Lucas Buades?"

Avant de faire une analogie avec le France-Koweït de la Coupe du monde 1982, lorsque le frère de l'émir du Koweït était descendu sur la pelouse pour faire annuler un but des Bleus mettant Michel Hidalgo dans une colère noire…

Des analyses parfois hors-sol, bien loin du jugement du jour. Le procureur a par la suite requis "deux à trois de prison avec sursis" pour Marc B. avant que la préméditation du geste du supporter de 45 ne soit écartée du dossier. Ce leader des Ultramarines écope finalement de deux amendes de 1000 euros ainsi que de deux ans d’interdiction de stade pour "violences volontaires légères et intrusion dans une aire de compétition". Il doit également 500 euros de dommages et intérêts à Lucas Buades.

Une fois le verdict rendu, la défense de Marc B. fait remarquer que l’emballement médiatique autour de cette affaire aura été bien trop excessif. "A l’image de ce procès", termine maître Hazéra. "Deux heures et demi de procès pour une contravention et une intrusion sur une aire de compétition, une salle remplie de vos confrères... Ce sont les excès du foot."

Article original publié sur RMC Sport