Publicité

Source d'inspiration d'un classique du cinéma fantastique, un incroyable film de trépanation vient d'être retrouvé

Quand la chirurgie d’avant-guerre flirte avec le cinéma. Georges Franju, le réalisateur du film "Les Yeux sans visage", avait été inspiré par un film chirurgical dévoilant, sans fard, le retrait d'une tumeur cérébrale. Ce court-métrage de 15 minutes vient tout juste d’être retrouvé grâce à la ténacité d’un neurochirurgien lui-même passionné d’histoire. Retour sur l'enquête.

Devinette. Quel est le point commun entre deux film cultes, l’un des années 60 de Georges Franju (1912-1987) "Les Yeux sans visage" et l’autre plus récent, "La Piel que habito" (2011), de Pedro Almodovar ?

Réponse : quinze minutes muettes d'un film en noir et blanc tourné en 1911 dans une clinique parisienne par un pionnier de la neurochirurgie française, le Dr Thierry de Martel (1875- 1940). Tout récemment retrouvées après trois ans d’une enquête minutieuse, elles constituent un précieux témoignage des techniques opératoires d'avant-guerre sans lequel aucun de ces deux longs métrages majeurs n’aurait vu le jour. Retour sur une aventure mêlant chirurgie, histoire et cinéma.

"Comme un enfant trouvant un trésor"

Le détective à l’origine de cette découverte, lui-même neurochirurgien, est le professeur Johan Pallud (Paris), chef du service de neurochirurgie (GHU Paris) et directeur du Diplôme Universitaire Histoire de la médecine et des maladies (Paris Cité). Passionné d’histoire (et lui même fils d’historien), il vient, lors du dernier congrès de la Société Française de Neurochirurgie qui s'est déroulé à Marseille, de présenter son travail pour exhumer le film du Dr de Martel. Il raconte par exemple comment le recours au mot clé "trépanation", l’orientant vers les trépans utilisés pour creuser la terre, lui a aussi permis de visionner des centaines de films de forage de sols.

Comme souvent dans les enquêtes, tout commence par hasard quand, il y a trois ans, le Pr Pallud prend connaissance de l’existence du film historique. "J'ai fait une recherche bibliographique pour trouver des arguments fondant l'existence de ce film et c’est alors que j'ai vu des photos qui en sont issues, explique-t-il aujourd’hui. J'ai ensuite fait le lien avec Georges Franju et recherché le film. Auprès de l'INA, de la Gaumont, de l'Hôpital Américain, et dans toute archive possible". En vain. Ce n’est que récemment, en consultant le site de l'Etablissement de Communication et de Production Audi[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi