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Soupçons de faveur fiscale lors du transfert de Neymar au PSG : le ministère de l’Économie perquisitionné

Des perquisitions ont été menées au ministère de l’Économie après les soupçons de faveur fiscale pour l’arrivée de Neymar au PSG.
Soccrates Images via Getty Images Des perquisitions ont été menées au ministère de l’Économie après les soupçons de faveur fiscale pour l’arrivée de Neymar au PSG.

ENQUÊTE - La justice continue d’enquêter sur l’affaire des « barbouzeries du PSG ». Des perquisitions ont été menées lundi au ministère de l’Économie et des Finances dans le cadre de l’enquête portant sur des soupçons de faveur fiscale accordée au PSG lors du transfert de Neymar depuis Barcelone en 2017, a appris l’AFP ce jeudi 18 janvier, de source proche du dossier.

Ces perquisitions, révélées par Mediapart, ont été effectuées par les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et la fraude fiscale (Oclciff) et de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) en présence des juges d’instruction Vincent Lemonier et Serge Tournaire, a précisé à l’AFP une deuxième source proche du dossier.

Plusieurs services de la direction générale des finances publiques (DGFIP) ont été perquisitionnés par les enquêteurs dont, selon Mediapart, le bureau du directeur général occupé jusqu’à récemment par Jérôme Fournel, nommé depuis directeur de cabinet du ministre de l’Économie Bruno Le Maire.

Le gouvernement a-t-il accordé des « avantages fiscaux » au PSG ?

Ces soupçons, sur lesquels l’enquête débute à peine, s’inscrivent dans une instruction menée depuis septembre 2022 par des magistrats instructeurs autour des opérations d’influence attribuées à l’ex-directeur de communication du club, Jean-Martial Ribes, 57 ans.

La justice se demande si l’ex-vice-président macroniste de l’Assemblée nationale, Hugues Renson, a tenté d’obtenir du gouvernement des « avantages fiscaux » pour le PSG lors du transfert pour 222 millions d’euros – le plus cher de l’histoire – de la superstar brésilienne dans le club de la capitale.

Dans un rapport d’enquête transmis le 21 novembre au magistrat instructeur, révélé par Libération et consulté par l’AFP, l’IGPN s’interroge sur un possible « trafic d’influence » impliquant Hugues Renson.

D’après ce rapport portant sur dix ans de messages avec lui retrouvés dans le téléphone de Jean-Martial Ribes, l’ex-« dircom » a « sollicité (...) sans équivoque (...) des services » de celui qui a été conseiller de Jacques Chirac à l’Élysée.

Gérald Darmanin « considère que c’est bon »

L’ex-vice-président de l’Assemblée nationale affirme le 24 juillet relayer auprès de Gérald Darmanin, alors ministre des Comptes publics, un « sujet PSG » qui semble être la fiscalisation du transfert, un enjeu lourd de millions d’euros. Gérald Darmanin « considère que c’est bon (...). Ce qui compte, c’est que les documents que nous avions évoqués soient produits. Ils protégeront », écrit notamment Hugues Renson à Jean-Martial Ribes.

À l’époque, le ministre s’était publiquement « réjoui des impôts que Neymar (allait) pouvoir payer en France », et avait garanti que ses services allaient analyser de près le montage financier du transfert. Le 3 août, le deal historique à 222 millions d’euros était conclu et annoncé.

Sollicité, l’entourage de Gérald Darmanin n’a pas souhaité réagir à cette perquisition. Gérald Darmanin a été ministre de l’Action et des Comptes publics de 2017 à 2020. « Pas de commentaire », a de son côté répondu l’entourage du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire.

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