Soupçons de corruption en lien avec le Qatar: deux eurodéputés menacés d'une levée d'immunité

Le Parlement européen (illustration) - KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Le Parlement européen (illustration) - KENZO TRIBOUILLARD / AFP

"Aucune impunité". Le Parlement européen a annoncé ce lundi avoir lancé une procédure d'urgence, suite à une demande des autorités judiciaires belges, pour lever l'immunité de deux eurodéputés dans le cadre d'une enquête pour corruption au sein de l'institution impliquant le Qatar.

"J'ai lancé une procédure d'urgence pour lever l'impunité de deux membres du Parlement européen", a annoncé sur Twitter ce lundi la présidente de l'institution Roberta Metsola. "Il n'y aura aucune impunité", a-t-elle assuré.

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Les deux élus concernés sont l'Italien Andrea Cozzolino et le Belge Marc Tarabella, tous deux appartenant au groupe S&D (socio-démocrates), a appris l'AFP de sources proches du dossier.

Il s'agit d'un nouveau rebondissement dans l'affaire qui secoue le Parlement européen depuis plusieurs semaines. La justice belge soupçonne d'importants versements effectués par le Qatar pour influencer les décisions de certains députés.

L'ancienne vice-présidente du Parlement européen inculpée

L'enquête débute en Belgique en juillet dernier. La justice bruxelloise se penche alors sur l'existence d'une potentielle organisation criminelle infiltrée dans le Parlement européen.

Mi-décembre, des perquisitions sont menées et aboutissent à l'inculpation de plusieurs eurodéputés et notamment de la vice-présidente du Parlement européen Eva Kaili pour "appartenance à une organisation criminelle", "blanchiment d'argent" et "corruption".

Le compagnon de cette dernière, l'Italien Francesco Giorgi, qui est par ailleurs l'assistant parlementaire de Andrea Cozzolino, l'ex-eurodéputé socialiste italien Pier-Antonio Panzeri, ainsi qu'un responsable d'ONG, Niccolo Figa-Talamanca, comptaient également parmi les personnes interpellées.

1,5 million d'euros en liquide

La Grecque de 44 ans a été déchue le 13 décembre de son titre de vice-présidente du Parlement européen par un vote à la quasi-unanimité des eurodéputés.

Elle a ensuite été maintenue en détention fin décembre, sa demande de placement sous bracelet électronique ayant été rejetée. Elle n'a pas bénéficié de son immunité parlementaire car l'infraction avait été constatée en flagrant délit, des "sacs de billets" étant découverts dans son appartement.

Au total, les enquêteurs belges ont mis la main sur 1,5 million d'euros en liquide, d'après une source judiciaire, saisis aux domiciles d'Antonio Panzeri et d'Eva Kaili, ainsi que dans une valise transportée par le père de celle-ci.

La demande formulée officiellement le 16 janvier

La présidente du Parlement européen communiquera formellement la demande de levée d'immunité aux eurodéputés lors de leur prochaine session plénière, le 16 janvier à Strasbourg. La commission parlementaire des Affaires juridiques (JURI) devra ensuite l'examiner, à huis clos, et prononcer une proposition de décision, qui fera in fine l'objet d'un vote de tous les eurodéputés en plénière.

La présidente du Parlement "a demandé à tous les services et commissions de donner priorité à cette procédure, en vue de sa conclusion au 13 février", précise un communiqué.

Dès le 13 décembre, le Parti socialiste belge avait décidé de suspendre Marc Tarabella de sa qualité de membre. Et le 16 décembre, le Parti démocrate italien avait annoncé suspendre "à titre préventif" Andrea Cozzolino du registre de ses membres, "jusqu'à la clôture des enquêtes en cours concernant le scandale du 'Qatargate'", de sorte à "protéger l'image du parti".

Article original publié sur BFMTV.com