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Soumission chimique : Sandrine Josso, élue droguée à son insu, avait une requête pour son retour à l’Assemblée

POLITIQUE - Déterminée. La députée MoDem, Sandrine Josso, qui accuse le sénateur Joël Guerriau de l’avoir droguée à son insu, a fait son retour à l’Assemblée nationale ce mardi 16 janvier. Avec une requête : que le gouvernement agisse plus efficacement contre la soumission chimique encore trop peu prise en compte dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Dans la lutte contre les violences faites aux femmes, la soumission chimique est un angle mort

Avant et après sa prise de parole, Sandrine Josso a été ovationnée par ses pairs. « Je ne vous parle pas en tant que femme victime mais en tant que députée de la Nation qui s’indigne que ce sujet ne soit pas pris à bras-le-corps », a-t-elle déclaré.

Et de rappeler que « Caroline Darian et le collectif M’endors pas ont interpellé à l’automne dernier les pouvoirs publics pour que la lutte contre la soumission chimique fasse l’objet d’un travail conjoint » entre les portefeuilles de la Santé, de l’Éducation et de la Justice. « Madame la ministre, seriez-vous d’accord pour mettre les moyens de l’État au service du combat contre ce phénomène ? Je compte sur vous », a-t-elle poursuivi. La députée MoDem plaide notamment pour le lancement d’une mission gouvernementale.

Le sénateur Joël Guerriau, en retrait de ses fonctions politiques, a été placé sous contrôle judiciaire et mis en examen. Il récuse les accusations, évoquant par la voix de son avocat une « erreur de manipulation » de la substance.

La réponse de Bergé à Josso

Caroline Darian a fondé l’association de sensibilisation et de prévention « M’endors pas, stop à la soumission chimique », après avoir découvert les agissements de son père envers sa mère, droguée et abusée pendant des années. Une pétition a été lancée en juin 2023 mais sans aboutir notablement sur le plan politique, pour le moment. Après le récit de Sandrine Josso, elle avait repris la parole sur Le HuffPost pour alerter sur un « angle mort » de la lutte contre les violences faites aux femmes.

De son côté, la députée a insisté dans l’hémicycle ce mardi sur ce « fléau qui fait des milliers de victimes », soulignant que cela dépasse le cadre festif de la boîte de nuit et peut se produire dans le quotidien « du berceau à l’Ehpad, du bureau à la maison ». « Neuf fois sur dix, la victime est une femme et dans 70% des cas, elle subira une agression sexuelle », a-t-elle rappelé.

En réponse, la ministre déléguée à l’Égalité femmes homme Aurore Bergé a mis en avant l’évolution législative de 2018 qui a fait de la soumission chimique « un fait aggravant pour la question du viol » et « un délit à part entière ». « Mais oui, nous devons aller plus loin pour mobiliser l’ensemble de la société, pour mieux former et accompagner les victimes » sur le plan psychologique, a-t-elle déclaré sans s’avancer sur les moyens qui pourraient être mis en œuvre.

Auprès du HuffPost, Caroline Darian évoquait plusieurs pistes, à commencer par l’importance de mesurer l’ampleur de la menace. « Les données tangibles pour comprendre la spécificité du phénomène, la chiffrer et en mesurer la portée sont lacunaires. Résultat : aucun dispositif sanitaire n’est aujourd’hui mis en place pour donner aux professionnels les moyens de repérer les violences et de protéger les victimes. (...) Maintenant que nous savons, que les affaires sortent en fleuve, vient le temps, urgent, de la sensibilisation sur un phénomène social terrible », écrivait-elle dans nos colonnes.

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