Slovénie: démission d'un ministre, détention d'un autre en lien avec la pandémie de coronavirus

M.D.
Le ministre slovène Ales Hojs s'exprime devant le Parlement à Ljubljana, le 10 février 2012. - Jure Makovec / AFP

Le ministre slovène de l'Intérieur a démissionné et celui de l'Économie a été placé en détention ce mardi dans le cadre d'une enquête policière sur des irrégularités présumées lors de l'acquisition d'équipements liés à la pandémie du nouveau coronavirus.

En annonçant sa démission, Ales Hojs a indiqué n'avoir été informé de l'enquête que mardi, assurant qu'elle avait été lancée pour jeter le discrédit sur le gouvernement de coalition de centre-droit et tenter de le faire tomber.

"Je pense que c'est une action politiquement motivée", a-t-il déclaré à la presse, ajoutant que le chef de la police avait également démissionné pour protester contre cette opération menée par les seules forces spéciales de la police.

De nombreuses irrégularités relevées

La presse slovène a rapporté de nombreuses irrégularités au cours de l'achat d'équipements de protection et de respirateurs artificiels peu après l'arrivée au pouvoir en mars d'un nouveau gouvernement de centre-droit. Les médias ont accusé le ministre de l'Économie Zdravko Pocivalsek de favoriser des entreprises ne proposant pas d'équipements adéquats. Il a nié toutes les accusations.

Selon un communiqué de la police spéciale, plusieurs habitations ont été perquisitionnées mardi dans le cadre d'une "enquête sur des irrégularités présumées lors de la commande et de l'acquisition d'équipements de protection".

Le nom du ministre de l'Économie n'est pas cité dans ce communiqué mais Ales Hojs a indiqué à la presse avoir été informé du placement en détention de son collègue au gouvernement. La presse slovène a rapporté que Zdravko Pocivalsek avait été remis en liberté tard mardi.

Des manifestations depuis deux mois

Depuis son arrivée au pouvoir, le Premier ministre Janez Jansa a mis en œuvre de strictes mesures de confinement pour endiguer la pandémie et a lancé l'acquisition d'équipements de protection et de respirateurs artificiels, affirmant que son prédécesseur n'avait pas préparé ce pays membre de l'Union européenne à affronter la pandémie.

Le chef du gouvernement a tancé mardi le "deux poids, deux mesures" des forces spéciales et leur "approche sélective" car, selon lui, elles n'ont pas enquêté sur d'autres affaires.

Plusieurs milliers de personnes arpentent les rues de Ljubljana chaque vendredi depuis deux mois pour protester contre le scandale des équipements de protection et plusieurs attaques de membres du gouvernements contre des médias et des journalistes critiques.

Article original publié sur BFMTV.com