Six idées reçues sur le rhume (et comment s’en débarrasser) passées au crible des experts

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Alors que nous retrouvons peu à peu une vie sociale et des échanges proches de ceux précédant le Covid et les confinements qui ont suivi, les rhumes (re)commencent à se faire bien trop courants. Cet été, une vidéo TikTok est même devenue virale alors qu’elle proposait une technique pour le moins originale pour faire face au nez qui coule : à savoir se mettre de l’ail dans le nez… Un exemple parmi de nombreux autres de prétendus traitements ou remèdes.

Pour faire la part des choses, nous avons demandé à deux experts d’examiner certaines des croyances les plus répandues sur le rhume.

1. Est-ce que je peux attraper un rhume en « prenant froid » ?

Il n’aura échappé à personne que les rhumes sont plus fréquents en hiver… Comme d’autres infections des voies respiratoires supérieures (du nez, de la gorge et de la trachée), ils sont normalement causés par un virus.

Il y a, peut-être, une part de vérité dans l’idée que le fait d’avoir froid peut favoriser le développement de ces microbes – et donc d’un rhume : les changements de température saisonniers peuvent modifier la paroi de notre gorge et de notre trachée, ce qui peut éventuellement faciliter l’infection des cellules locales par les virus.

Cependant, la raison principale pour laquelle nous attrapons plus de rhumes en hiver est bien que nous passons plus de temps à l’intérieur, dans des milieux confinés, au contact d’autres personnes – soit les circonstances et l’environnement parfaits pour se transmettre des virus.

2. Est-ce que mettre de l’ail dans son nez, ça aide ?

Ça a été une grosse tendance sur TikTok récemment : se mettre des gousses d’ail dans le nez pour soi-disant bénéficier de leur vertu décongestionnante… Le fait de placer quelque chose dans ses narines va effectivement bloquer l’écoulement naturel du mucus, mais lorsque l’on enlève l’obstacle, l’écoulement reprend comme simple goutte à goutte ou avec plus de vigueur.

Ce barrage temporaire n’est pas une bonne idée : le mucus aide en effet non seulement à piéger et à éliminer les agents pathogènes, y compris les virus, mais il contient également des anticorps et peut contribuer à réduire certains traits des virus, comme leur infectiosité et leur transmissibilité. À éviter donc.

De plus, si l’ail contient certains composés anti-inflammatoires notamment, il regorge également de toute une série d’éléments susceptibles d’irriter la peau, le nez, les yeux, etc. Cela pourrait endommager les muqueuses locales très sensibles (et aggraver la congestion), entraîner des saignements ou même se coincer. Cela n’aide donc pas vraiment et peut même être dangereux. Se mettre quelque chose dans le nez n’est, de façon générale, jamais une bonne solution.

3. Les remèdes à base de plantes peuvent-ils avoir un effet préventif ?

Diverses plantes médicinales prétendent prévenir ou accélérer la guérison d’un rhume. Les gens mentionnent souvent l’échinacée, des plantes de la famille des astéracées qui poussent en Amérique du Nord.

Certains essais ont suggéré un léger effet préventif, mais les études de grandes ampleurs ne montrent pas de réduction statistiquement significative des niveaux de maladie.

Le curcuma est également présenté comme un médicament préventif, or il n’existe pas non plus de preuves solides de son efficacité. Ses potentielles activités antibiotiques sont toujours à l’étude, mais les antibiotiques n’ont aucun effet sur les virus…

4. Est-ce que la vitamine C peut aider ?

Le prix Nobel de Chimie Linus Pauling avait suggéré, dans les années 1970, que la vitamine C à haute dose pourrait être un traitement efficace pour de nombreuses infections virales.

Mais une revue Cochrane, un système très robuste dans lequel les chercheurs évaluent les preuves, a révélé que la vitamine C ne prévenait pas les rhumes mais pouvait par contre en réduire la durée, chez certaines personnes. Les suppléments de vitamine C d’environ 200 mg par jour étant considérés comme peu risqués, certains suggèrent qu’il s’agit d’une stratégie raisonnable pour raccourcir les effets d’un rhume. Attention toutefois aux surdosages, qui n’apportent aucun bénéfice supplémentaire.

5. La vitamine D prévient-elle le rhume ?

La vitamine D est passée du statut de « vitamine du soleil » associée à la santé des os à celui de vitamine associée à la réduction des risques liés aux maladies cardiaques, au diabète et aux virus. On s’est notamment beaucoup intéressé à la vitamine D pour nous aider à lutter contre la grippe et, plus récemment, au Covid-19.

Des expériences en laboratoire montrent qu’elle joue un rôle important dans le soutien de l’immunité, ce qui est essentiel pour combattre les virus. Le problème pourrait être que certaines personnes ont un taux de vitamine D insuffisant. Le soleil nous permet de fabriquer notre propre vitamine D, mais l’hiver y est peu propice.

Il est donc probable qu’il soit judicieux de prendre des suppléments de vitamine D, comme le conseille le gouvernement britannique, pendant l’hiver, afin d’avoir un apport suffisant, ce qui peut aider à prévenir les rhumes.

6. Et qu’en est-il des soupes au poulet ?

Remède de grand-mère par excellence, la soupe au poulet est auréolée de nombreux bienfaits contre les rhumes. Comme le miel, elle pourrait avoir certains intérêts dans la gestion des symptômes… Mais il est peu probable qu’elle ait un réel impact pour chasser l’infection.

Des études ont été menées sur son effet sur nos cellules du système immunitaire, mais les résultats sont loin d’être concluants. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut oublier le fameux potage ! L’eau contenue dans la soupe favorise notre hydratation, qui est souvent un problème lorsque l’on est enrhumé. Et comme la plupart des boissons chaudes, elle peut aussi aider à soulager des sinus douloureux.

Malheureusement, il n’existe donc pas de remèdes miracles contre le rhume…

Certaines suggestions peuvent être utiles et ne sont généralement pas nocives, comme prendre suffisamment de vitamines C et D. Mais d’autres ne méritent absolument pas d’être essayées et peuvent être risquées, comme mettre de l’ail dans le nez. La meilleure chose à faire, lorsque nous sommes cloués par un nez qui coule et des yeux rougis, est de prendre du repos, de rester au chaud et de boire beaucoup pour rester hydraté.

La version originale de cet article a été publiée sur La Conversation, un site d'actualités à but non lucratif dédié au partage d'idées entre experts universitaires et grand public.

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James Brown a précédemment reçu des financements de Seven Seas Ltd (UK).

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