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La sieste, une habitude d’avenir ?

Faire la sieste est une tradition dans de nombreux pays, mais elle pourrait se généraliser en raison du réchauffement climatique, à en croire le site Bloomberg. À Dubaï, les plages sont ouvertes la nuit l’été et la baignade nocturne autorisée, tandis que de plus en plus d’évènements sportifs, comme les courses de F1 se déroulent la nuit. Les pays du Golfe ont interdit le travail extérieur en milieu de journée. En Inde, les autorités ont ouvert les écoles très tôt le matin pour éviter aux enfants d’être dehors à midi. Même l’Europe est concernée. Pour preuve, lors de l’épisode caniculaire de l’été 2023, des médecins allemands ont préconisé que les salariés fassent la sieste afin de rester productifs. Pour le site américain, “nous devrons avoir des discussions sérieuses sur le déplacement des activités – professionnelles et récréatives – vers des moments plus frais de la journée. En d’autres termes, les employeurs vont devoir adopter la culture de la sieste.”

Aux Philippines, cette culture est déjà profondément ancrée, comme l’a découvert Samir Arabzadeh, réalisateur suédois expatrié aux Philippines. Il en a fait un court documentaire intitulé Powernapper’s Paradise, diffusé par le site culturel australien Aeon. En s’installant dans le pays, il a découvert que “plutôt que de ressentir le besoin d’avoir toujours l’air occupé, les employés dormaient souvent ouvertement et sans gêne pendant leurs horaires de travail” et que la société philippine “semble se contenter d’avancer à un rythme tranquille et ne souhaite pas se laisser précipiter dans un monde toujours plus pressé”.

Un objet de débat

En Espagne, où la sieste est aussi une habitude ancienne, les horaires de travail font l’objet d’une controverse depuis que Yolanda Díaz, deuxième vice-présidente et ministre du Travail et de l’Économie sociale, a récemment dénoncé la culture de la sieste et des horaires nocturnes, car cela est dommageable pour la santé des employés notamment. Le site de la chaîne américaine CNN explique que les Espagnols ne sont pas plus productifs que les autres Européens malgré leurs horaires à rallonge et qu’ils dorment même moins. Selon Marta Junqué, qui travaille pour l’association Time Use Institute, à Barcelone, ce rythme date de la Seconde Guerre mondiale, quand le dictateur Francisco Franco, au pouvoir de 1936 à 1975, a aligné le fuseau horaire espagnol sur celui de son allié allemand. Quant à la sieste, qui vient du latin sexta et désigne la sixième heure après l’aube, elle est une habitude bien méditerranéenne, pour éviter les grosses chaleurs méridiennes, mais s’est généralisée en Espagne “à l’époque de Franco, car la crise économique a obligé les gens à cumuler plusieurs emplois”.

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