L'auteur de l'attaque de Londres identifié, huit arrestations

par William James et Elizabeth Piper
1 / 2

PERQUISITIONS À LONDRES ET BIRMINGHAM APRÈS L'ATTAQUE

Des perquisitions ont été menées à six adresses à Londres, Birmingham mais aussi en d'autres points du Royaume-Uni, a indiqué Mark Rowley (photo). /Photo prise le 23 mars 2017/REUTERS/Neil Hall

par William James et Elizabeth Piper

LONDRES (Reuters) - L'auteur de l'attaque qui a fait quatre morts mercredi aux abords du Parlement de Westminster à Londres et a été revendiquée par l'organisation Etat islamique a été identifié jeudi par la police.

Il s'appelait Khalid Masood et avait 52 ans. Il avait eu des démêlés avec la justice, notamment pour agression ou détention d'armes à feu mais jamais pour des affaires de terrorisme, ont déclaré les enquêteurs.

L'assaillant a tué trois personnes sur le coup - deux passants fauchés par sa voiture sur le pont de Westminster et un policier poignardé dans l'enceinte du Parlement - et fait une quarantaine de blessés avant d'être abattu. Un homme de 75 ans a succombé jeudi à ses blessures, a dit la police, portant à quatre le nombre de personnes tuées en plus de l'assaillant.

Khalid Masood était né dans le Kent, au sud-est de Londres, et son dernier domicile connu était dans le centre de l'Angleterre.

"Masood ne faisait l'objet d'aucune enquête actuellement et aucun renseignement préalable n'indiquait son intention de commettre un acte terroriste", a déclaré la police de Londres dans un communiqué.

Dans un message relayé par son organe de propagande Amaq, Daech a déclaré que l'auteur de l'attaque était "un soldat de l'Etat islamique".

"Il a mené cette opération en réponse aux appels à viser les ressortissants des pays de la coalition", ajoute le texte.

S'exprimant devant les députés réunis au complet jeudi, la Première ministre, Theresa May, a dit que l'assaillant avait été surveillé par le MI5, mais n'était plus dans le radar des services de renseignement quand il est passé à l'acte.

Les enquêteurs ont précisé que la première condamnation de Masood remontait à 1983 et sa dernière à 2003, pour possession d'arme blanche.

AYRAULT À LONDRES

La police a procédé à huit arrestations, à Londres et à Birmingham, dans le cadre de l'enquête. Toutes les personnes interpellées sont soupçonnées de préparation d'actes terroristes, a déclaré la police.

La société de location de voitures Enterprise a fait savoir que le véhicule utilisé pendant l'attaque avait été loué dans une agence de Birmingham.

L'un des deux passants tués sur le pont de Westminster est un touriste américain, Kurt Cochran, a dit un de ses proches. Son épouse souffre d'une jambe et d'une côte cassées. Le couple était en Europe pour fêter son 25e anniversaire de mariage.

Sur la quarantaine de blessés, 29 demeurent hospitalisés, parmi lesquels plusieurs sont dans un état critique.

Theresa May a rendu visite à certains d'entre eux jeudi.

Trois des blessés sont des lycéens français, venus de Concarneau pour un voyage scolaire. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a rencontré quelques-uns des autres lycéens du groupe et leurs familles dans un hôtel proche de l'hôpital où les trois blessés sont soignés.

Le chef de la diplomatie française a également assisté à la séance du Parlement au moment de l'intervention de Theresa May, en signe de solidarité.

La section antiterroriste du parquet de Paris a ouvert une enquête en flagrance sur l'attaque, en raison de la présence de victimes françaises.

Douze Britanniques, trois jeunes Français, mais aussi quatre Sud-Coréens, deux Roumains, un Allemand, un Polonais, un Chinois et deux Grecs figurent au nombre des victimes, a précisé Theresa May.

Lors de son intervention au Parlement, dont les travaux ont repris entourés de strictes mesures de sécurité, la Première ministre a déclaré que la meilleure réponse à apporter face au terrorisme était de continuer à vivre normalement.

"Le terroriste a choisi de frapper là où les gens de toutes nationalités, de toutes cultures convergent pour célébrer ce que cela signifie d'être libre", a-t-elle dit.

A New York, au siège des Nations unies, le secrétaire au Foreign Office, Boris Johnson, a appelé les fournisseurs d'accès internet et les réseaux sociaux à lutter davantage contre la propagande extrémiste.

Les députés ont observé une minute de silence à la mémoire des victimes de l'attaque, à 09h33 GMT - 933 était le matricule de Keith Palmer, le policier de 48 ans tué à l'arme blanche. Une collecte sur internet a en cinq heures permis de recueillir 78.000 livres sterling (environ 90.000 euros) pour sa famille.

Une veillée en hommage aux victimes a eu lieu en début de soirée à Trafalgar Square où des centaines de personnes s'étaient rassemblées.

MÊME MODE OPÉRATOIRE

Le directeur des services antiterroristes, Mark Rowley, a indiqué que l'assaillant avait agi seul et s'inspirait du terrorisme international. "A ce stade, rien ne permet de parler d'autres menaces spécifiques pour la population", a-t-il dit.

La police s'emploie cependant à vérifier si d'autres personnes n'ont pas été impliquées dans l'attaque, a dit au micro de la BBC le ministre de la Défense, Michael Fallon.

Des perquisitions ont ainsi été menées à six adresses à Londres, Birmingham et en d'autres points du Royaume-Uni, a indiqué Mark Rowley, et ont entraîné les huit arrestations.

L'assaillant a d'abord lancé son véhicule contre la foule, sur le pont de Westminster, avant de s'écraser sur des grilles qui entourent le Parlement. Armé d'un couteau, il a alors couru et s'est introduit dans l'enceinte du Parlement, y a poignardé un policier avant d'être abattu par la police dans une cour intérieure, au pied de Big Ben.

Cette attaque est survenue un an jour pour jour après les attentats de Bruxelles, qui ont fait 32 morts à l'aéroport Zaventem puis dans une station de métro.

Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier à Londres depuis ceux de juillet 2005. Quatre islamistes britanniques avaient tué 52 personnes lors d'attaques suicide dans les transports londoniens. En mai 2013, deux islamistes britanniques ont tué à l'arme blanche un soldat dans une rue du sud-est de Londres.

Le mode opératoire rappelle celui de l'attentat de Nice le 14 juillet dernier, qui a fait 86 morts, et celui de Berlin en décembre, commis également par un homme seul au volant d'un camion, qui a fait 12 morts.

(Avec Kate Holton, Costas Pitas, Estelle Shirbon et Elisabeth O'Leary, Eric Faye, Gilles Trequesser et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages