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Le sentiment anti-immigrés gagne l’Irlande

L’Irlande a un problème avec l’immigration. Presque un an après que les réfugiés ukrainiens ont commencé à affluer, les capacités d’accueil de l’État arrivent à saturation et les collectivités locales sont perturbées. Il en résulte deux phénomènes : d’une part, des migrants sont accueillis dans des dortoirs aménagés à l’intérieur d’immeubles de bureaux, ou pis encore dans des tentes ; d’autre part, des manifestations antimigrants gagnent tout le pays, sous le slogan “l’Irlande est pleine”. Il y a eu 307 manifestations antimigrants en 2022, on en dénombre déjà 64 depuis début 2023. Le 7 février, à Dublin, plus de 2 000 personnes sont descendues dans la rue.

Le point de convergence des manifestants est le quartier populaire d’East Wall. En novembre, après que les autorités ont transformé un bâtiment officiel en centre d’accueil pour migrants sans consulter la population, des centaines de personnes ont commencé à s’y rassembler, semaine après semaine. En décembre, le mouvement s’est étendu à quatre autres quartiers populaires du nord de la capitale. Loin de s’essouffler au fil des mois, les manifestations ont continué à s’intensifier, gagnant le reste du pays.

Des rumeurs d’agression

Le mois dernier, à Dublin, devant le mythique Shelbourne Hotel, 300 antimigrants ont affronté des contre-manifestants. Le profil démographique de chacune des factions réservait des surprises. Comme on pouvait s’y attendre, les antimigrants appartenaient aux quartiers populaires où les migrants sont hébergés, tandis que leurs adversaires étaient essentiellement des progressistes des classes moyennes. En revanche, curieusement, le contingent antimigrants comptait une proportion importante de femmes.

L’un des principaux facteurs qui expliquent les manifestations antimigrants en Irlande est l’existence d’un certain nombre de témoignages sur des migrants qui auraient maltraité des femmes, et même de jeunes enfants. Le 2 février, par exemple, l’un d’entre eux serait entré dans un hôpital et aurait annoncé qu’il voulait violer des enfants. Une semaine plus tard, un autre migrant a été accusé d’avoir agressé sexuellement une adolescente.

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