Science-fiction : ces films qui ont vu juste

Par Florence Colombani
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2001 : l'Odyssée de l'espace, de Stanley Kubrick (1968).
2001 : l'Odyssée de l'espace, de Stanley Kubrick (1968).

« Comment juger de la qualité d'une ?uvre de science-fiction ? » demanda un jour un journaliste au grand spécialiste du genre Ray Bradbury. Réponse : « Si elle est de bon niveau, la science-fiction deviendra réalité. » Ailleurs, l'auteur de Fahrenheit 451 enfonce le clou : « La science-fiction, c'est l'art du possible. » La formule a beau être limpide, elle ouvre un véritable gouffre. Quels films peuvent bien, à cette aune, être jugés « de bon niveau » ? Combien d'?uvres de cinéma, aussi baroques et grandioses que l'exige le genre, ont réussi en même temps à décrire l'avenir ? Réponse : pas tant que ça.

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D'abord parce que le cinéma s'est longtemps abîmé dans une obsession victorienne pour la tragédie de Victor Frankenstein. On ne compte plus, en effet, les savants fous de Celluloïd, aussi mégalomanes que paranoïaques, qui cèdent à l'hubris et mettent toute l'humanité en danger en voulant jouer les Prométhée modernes? Il faut bien, face à eux, un James Bond, un Bruce Willis ou toute une escouade de super-héros pour sauver la planète. Prenez Metropolis, la fameuse fresque futuriste que Fritz Lang signe en 1927. Au c?ur de l'histoire (imaginée par la femme du cinéaste, Thea von Harbou), il y a justement un de ces inventeurs fous inspirés par le Frankenstein de Mary Shelley. Ici, il se nomme Rotwang et, non content de créer un robot aux capacités vertigineuses, il lui donne les traits de la douce et aimante [...] Lire la suite