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Scandale de corruption au Parlement européen : les commentaires de l'inspecteur en chef menace de faire exploser l'affaire

Scandale de corruption au Parlement européen : les commentaires de l'inspecteur en chef menace de faire exploser l'affaire

C'est l'un des accusés dans le scandale de corruption qui a secoué le Parlement européen. Francesco Giorgi a apporté de nouvelles preuves pour tenter de faire échouer le procès dans lequel il est impliqué.

Il s'agit d'une conversation enregistrée au printemps dernier entre l’accusé et l'enquêteur en chef. Selon le fichier, Ceferino Alvarez Rodriguez met en doute la crédibilité du personnage central de l'affaire : le repenti et ancien eurodéputé Antonio Panzeri.

"Nous ne croyons rien de ce qu'il dit", peut-on lire dans la transcription de la conversation, "nous savons très bien qu'il nous trompe, nous le savons. Mais tout cela va exploser".

"Quand ça va exploser, ça va exploser".

Dans cette conversation en français, enregistrée sur le téléphone de l'accusé, Ceferino Alvarez Rodriguez se plaint également des juges nommés par le pouvoir politique.

"Je n'ai aucune confiance dans le système judiciaire parce que la justice est tirée par des ficelles, par des politiciens", aurait-il déclaré.

"Nous ne pouvons pas faire confiance au système judiciaire", ajoute-t-il.

Ceferino Alvarez Rodriguez a travaillé main dans la main avec l'ancien juge chargé de l'affaire, Michel Claise, qui a été contraint de démissionner en juin dernier à la suite d'allégations selon lesquelles il ne pouvait pas être impartial.

Le fils du juge était associé, dans une entreprise de cannabis médicinal, au fils de Maria Arena, une autre eurodéputée dans le nom circule dans le scandale, mais qui n’est pas mise en examen.

Selon le bureau du procureur, Michel Claise s'est retiré "par prudence" et pour "maintenir la séparation nécessaire entre la vie privée et familiale et les responsabilités professionnelles".

L'enregistrement de la conversation, que l'équipe juridique de Francesco Giorgi a demandé de considérer comme une nouvelle preuve dans cette affaire, jette un trouble supplémentaire sur les efforts déployés pour poursuivre les suspects. Plusieurs échecs de l'enquête belge ont conduit de nombreuses personnes à qualifier l'affaire de "Belgiumgate".

La conversation entre Francesco Giorgi et Ceferino Alvarez Rodriguez aurait eu lorsque l'enquêteur s'est arrêté pour rendre le téléphone de l'accusé, qui avait été saisi lors de son audition quelques jours plus tôt, le 27 avril.

Lors de cette visite, Francesco Giorgi s'est plaint que son ordinateur portable, qui contenait des notes confidentielles qu'il avait rédigées avec son avocat, avait été confisqué par des policiers lors d'une perquisition ordonnée par le juge Claise alors que Francesco Giorgi assistait à son audience du 27 avril, affirmant que cela violait son droit à la défense.

En réponse aux plaintes de l’accusé, l'enquêteur aurait répété deux fois : "c'est le jeu".

Selon la transcription, l'enquêteur affirme également qu'il est "normal" que son équipe ait accès aux notes confidentielles de Francesco Giorgi, car leur contenu prouve qu’il a également eu accès à leurs propres dossiers d'enquête.

L'enquêteur aurait dit à l’accusé : "vous adaptez votre discours à ce qu'il y a dans le dossier, c'est pourquoi nous ne mettons pas tout. Nous ne sommes pas idiots, donc nous savons que vous nous mentez".

La transcription de la conversation est l'un des trois dossiers que les avocats de Francesco Giorgi ont présentés pour être considérés comme de nouvelles preuves dans l'enquête, selon un document vu par Euronews. Ils comprennent également l'enregistrement original, sous forme de vidéo, ainsi qu'une vidéo sous-titrée préparée par l’accusé.

Dans le cadre du scandale de corruption, Francesco Giorgi, sa compagne Eva Kaili, et Antonio Panzeri sont accusés d'avoir accepté des centaines de milliers d'euros de la part du Qatar et du Maroc pour influencer des décisions du Parlement européen. Les deux pays rejettent les accusations.

L'affaire a provoqué une onde de choc à Bruxelles et a contraint le Parlement européen à revoir ses règles de fonctionnement.

Alors qu’Antonio Panzeri et Francesco Giorgi ont tous deux reconnu leurs responsabilités, Eva Kaili continue de clamer son innocence.

Dans un communiqué le parquet fédéral belge dit prendre connaissance des propos attribués à un policier. Il souligne que "le travail d’enquête consiste notamment à vérifier la véracité des propos tenus par le repenti et leur conformité aux conditions exigées par la loi pour l’obtention de ce statut".