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Le satellite ERS-2 va revenir sur Terre mais vous avez un risque infime de prendre un débris sur la tête

ESPACE - Il ne reste plus que quelques heures au satellite européen ERS-2, avant qu’il ne se désintégre quasiment entièrement dans l’atmosphère, mercredi 21 février. Si vous faites partie des personnes l’ayant aperçu dans le ciel, ne vous inquiétez pas, la manœuvre est a priori sans risque pour les Terriens, comme l’explique la vidéo visible en tête de l’article.

Les déchets spatiaux polluent aussi la terre, et ça peut avoir des conséquences graves

L’opération de retombée sur notre planète, assez rare à l’Agence spatiale européenne (ESA), a débuté en 2011 pour éviter qu’une destruction accidentelle de cet objet en orbite ne disperse des débris dangereux pour les satellites actifs et les membres de la Station spatiale internationale (ISS).

Le Centre européen des opérations spatiales (ESOC) de l’ESA qui envisageait une chute à la mi-journée prévoit finalement la rentrée finale du satellite dans les couches basses de l’atmosphère pour mercredi à 20h24, avec une marge d’incertitude de plus ou moins 10 heures. Cette marge s’explique par le fait que l’engin tombe naturellement, par la seule force de gravité, et non pas de façon dirigée.

65 000 fois plus de chances d’être frappé par la foudre

Il traverse ainsi des couches supérieures de l’atmosphère qui ralentissent sa descente, et rendent aussi difficile une prévision de l’endroit où pourraient tomber certains de ses débris.

L’essentiel des 2,3 tonnes de ERS-2 doit se consumer quand il atteindra les couches basses de l’atmosphère mercredi, à environ 80 km d’altitude. « On estime que le plus gros fragment du satellite pouvant rejoindre le sol fait 52 kg », a déclaré la semaine dernière Henri Laur, de la direction d’observation de la Terre à l’ESA.

La probabilité qu’un de ces débris frappe une personne au sol est inférieure à un pour cent milliards, selon le blog de l’ESA dédié à la mission. Autrement dit, le risque pour un humain est 65 000 plus faible que celui d’être frappé par la foudre. L’ESA estime qu’un objet de masse similaire à ERS-2 termine ses jours dans l’atmosphère une fois toutes les une ou deux semaines en moyenne.

Satellite pionnier dans l’observation de la Terre, ERS-2 a été lancé en 1995 et placé à près de 800 km d’altitude. En 2011, à la fin de sa mission, l’ESA l’a fait redescendre à environ 500 km, pour qu’ensuite il descende naturellement et graduellement vers la Terre en seulement 13 ans ; il aurait mis entre 100 et 200 ans s’il était resté à son altitude initiale. Privé de son énergie interne (fuel, batteries…), il présentait des risques importants d’exploser et de créer des débris.

« Zéro débris » spatiaux

En juillet 2023, le satellite européen Aeolus était redescendu sur Terre de manière contrôlée, depuis une orbite (300 km) plus basse que celle de ERS-2. Des débris de l’engin étaient retombés dans l’océan Atlantique.

L’ESA a lancé en 2023 une charte « zéro débris » pour les missions spatiales conçues à partir de 2030. « Plus de 100 organisations, dont Airbus, Thales Alenia Space, Safran, ont annoncé leur intention de signer la charte », a indiqué la semaine dernière Quentin Verspieren, coordinateur du projet PROTECT de l’ESA. SpaceX qui est pourtant concerné par le problème des débris spatiaux, notamment avec sa constellation de satellites Starlink, n’a pas signé la charte. Amazon qui prévoit également une constellation nommée Kuiper, n’a pas répondu non plus à l’appel.

Selon les estimations de l’ESA, il y a en orbite environ un million de débris de satellites ou de fusées de plus d’un centimètre, suffisamment gros pour « désactiver un engin spatial » en cas de choc.

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