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Sarkozy s’attaque à la justice, ses propos dénoncés par des hauts magistrats

Nicolas Sarkozy photographié lors de son arrivée au Palais de Justice au mois de décembre 2022 (illustration).
Nicolas Sarkozy photographié lors de son arrivée au Palais de Justice au mois de décembre 2022 (illustration).

Le président de la cour d’appel de Paris est monté au créneau après l’interview donnée par l’ex-chef de l’État au « Figaro » dans la foulée de sa nouvelle condamnation.

POLITIQUE - La relation entre Nicolas Sarkozy et les magistrats n’a jamais été simple. Et elle n’est pas partie pour s’arranger. Le premier président de la cour d’appel de Paris a regretté ce vendredi 19 mai « la mise en cause personnelle » par l’ex-chef de l’État de la présidente de cour qui l’a condamné en appel dans l’affaire des écoutes.

Pour rappel, l’ex-président de la République a écopé d’une sanction inédite de trois ans d’emprisonnement, dont un an ferme à purger sous bracelet électronique, pour corruption et trafic d’influence.

Une décision que l’intéressé a du mal à digérer, au regard de la teneur de l’interview qu’il a accordée au Figaro. Un entretien au cours duquel il a affirmé que « certains magistrats sont dans un combat politique », mettant directement en cause la partialité d’une juge.

« La présidente de la chambre qui m’a condamné s’en est prise à moi nominativement en 2009 dans un article du Monde. N’aurait-elle pas dû se déporter, plutôt que de juger un homme qu’elle avait publiquement mis en cause de manière aussi véhémente ? », disait-il notamment à propos de Sophie Clément, la présidente de la cour d’appel de Paris. Avant de s’en prendre ensuite à d’autres magistrats exerçant dans différentes affaires le concernant.

« Mise en cause publique, persistante et personnelle »

Ce qui n’a pas manqué de faire réagir au sein de la magistrature. Dans un communiqué, le premier président de la cour d’appel de Paris, Jacques Boulard, « déplore la mise en cause personnelle d’une magistrate, par la reprise d’observations qu’elle a formulées, il y a près de 15 ans, sur un projet de réforme, pour discréditer une décision de justice rendue collégialement, après des débats contradictoires ».

« Comme l’a récemment rappelé le Conseil supérieur de la magistrature », écrit-il aussi « dans un État de droit démocratique, la critique d’une décision de justice ne doit en aucun cas s’exprimer par la mise en cause personnelle du magistrat auteur de la décision ».

Le président du tribunal judiciaire de Bobigny, Peimane Ghaleh-Marzban, a de son côté déploré « la mise en cause publique, persistante et personnelle » d’une des juges d’instruction de « l’affaire Bismuth, aujourd’hui en poste en Seine-Saint-Denis.

« Une requête en récusation dirigée contre elle a été rejetée en 2015 au motif que la partialité alléguée n’était aucunement établie », a rappelé à ce propos Peimane Ghaleh-Marzban dans un communiqué.

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