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Santé de Kate: pourquoi la presse britannique est si respectueuse du silence de la famille royale

Mais où est passée Kate? Alors que la princesse de Galles n'a pas été vue en public depuis le 25 décembre dernier et a subi une mystérieuse opération chirurgicale en janvier, les internautes multiplient les spéculations autour de sa santé, quitte à verser parfois dans les théories du complot.

L'absence de William pour "raisons personnelles" à la messe en mémoire de son parrain Constantin de Grèce mardi, n'a fait qu'épaissir le mystère. La presse tabloïd britannique, d'habitude prompte à traquer la famille royale, s'en tient aux maigres informations distillées par le palais de Kensington. "La Princesse de Galles 'va bien'", indique ainsi le Daily Mail, relayant, une "source royale".

Une volonté de discrétion

Depuis l'annonce de l'opération de Kate, le 17 janvier, et celle, concomitante, de l'opération de la prostate du roi Charles, les médias restent à distance de la vie privée de la famille royale. "Les médias sont très respectueux, et même les personnels de l'hôpital, personne ne dit rien", notait début février Thomas Pernette, journaliste au magazine Point de vue, dans le Podcast royal. "Pas une indiscrétion n'a fuité."

"La presse a visiblement reçu des instructions pour en dire le moins possible", analyse Marc Roche, chroniqueur royal pour Le Point, installé à Londres.

"La princesse de Galles apprécie l’intérêt que cette déclaration va générer, mais elle espère que le public comprendra son désir de maintenir une forme de normalité pour ses enfants, et son souhait que ses informations médicales personnelles restent privées", insistait Kensington dans son premier communiqué.

Ces consignes sont valables pour la princesse Kate, mais aussi pour le roi Charles. Dans un savant exercice de transparence, le roi a communiqué sur certains détails de son état de santé, comme les raisons de son intervention chirurgicale en janvier, puis sur son cancer. Mais il n'a pas souhaité indiquer de quel type de cancer il s'agissait, ni quel traitement il allait suivre.

Une forme d'accord tacite

Peu avant l'annonce, le 5 février dernier, les journalistes ont reçu une sorte de briefing expliquant que le palais avait fait preuve de transparence mais qu'il n'irait pas plus dans les détails. Il y a ainsi une forme d'accord tacite entre la presse et la famille royale stipulant, par exemple, qu'il ne fallait pas attendre Charles III à la sortie de l'hôpital ou chercher à contacter ses médecins.

Chacun semble respecter cet accord. Même le Sun, qui avait révélé en 2021 l'hospitalisation de la reine Elizabeth II, s'en tient aussi au "Kate va bien" distillé par Kensington.

"Les journaux ne veulent pas se couper du public", avance Marc Roche. "Il n'est pas certain que l'opinion ait envie de savoir de quoi souffre Kate. Ils ne savent pas vraiment comment traiter le sujet

"La pression du public est importante", abonde Philip Turle, chroniqueur international à France 24. "La presse tabloïd, qui est souvent allée trop loin dans la collecte des informations, craint les critiques." Résultat, "tout le monde joue le jeu".

Le récent procès du prince Harry contre le groupe de presse éditant le Daily Mirror a ainsi révélé les méthodes de la presse tabloïd pour obtenir des informations à son sujet - des pratiques allant du piratage des messageries téléphoniques au recours à des détectives privés.

"La famille royale la famille royale a droit au respect de sa vie privée, et Kate a le droit de vivre tranquillement et en privé sa convalescence d'une opération manifestement très sérieuse, puisqu'elle a été hospitalisée près de 15 jours", estime le commentateur royal Richard Fitzwilliams.

Transparence à géométrie variable

L'observateur royal juge cependant "très révélateur" d'une évolution dans la communication royale le fait que le roi ait fourni un certain nombre d'informations sur sa santé -ce qui n'est pas le cas pour Kate.

Le palais de Kensington a simplement annoncé le 17 janvier que la princesse avait subi une "opération de l'abdomen programmée", et qu'elle allait être hospitalisée entre 10 et 14 jours. Le même jour, Buckingham annonçait l'hospitalisation prochaine du roi Charles pour une intervention bénigne à la prostate.

Soigné la semaine suivante dans la même clinique que Kate, le roi sort le 29 janvier, au bras de Camilla, saluant au passage le public et les journalistes. Le même jour, Kensington communique sur la sortie de Kate, rentrée chez elle dans la plus grande discrétion.

Évoquant le 5 février dernier la transparence à géométrie variable de la communication royale, le Times estimait que cela "pourrait bien engendrer des spéculations non désirées".

Cela se vérifie, concernant l'état de santé de la princesse de Galles, tant les théories les plus farfelues circulent sur les réseaux sociaux. "Tout le monde n'est pas persuadé que Kate 'va bien'", titre par exemple The Cut, compilant quelques-uns des messages les plus drôles publiés sur X.

"Il sera intéressant de voir dans les semaines à venir si et comment la couverture de la convalescence de Kate évoluera, sa disparition devenant de plus en plus difficile à ignorer pour l'institution. Il faut s'en préoccuper car les rumeurs vont bon train", analyse avec justesse une internaute sur X.

Son entourage reste pourtant sur sa ligne, à en croire Page Six, qui cite "un porte-parole de la princesse": "Kensington Palace a été très clair en janvier sur les délais de rétablissement de la princesse et sur le fait que nous ne fournirions que des informations significatives. Cette ligne de conduite est toujours d'actualité." Pour l'heure, Kate n'est pas censée réapparaître avant Pâques, dans un mois.

Article original publié sur BFMTV.com