Sandrine Rousseau juge "impossible" le retour immédiat d'Adrien Quatennens à l'Assemblée Nationale

Sandrine Rousseau juge "impossible" le retour immédiat d'Adrien Quatennens à l'Assemblée Nationale
Sandrine Rousseau, le 13 octobre 2022 sur le plateau de BFMTV. - BFMTV
Sandrine Rousseau, le 13 octobre 2022 sur le plateau de BFMTV. - BFMTV

Adrien Quatennens peut-il faire son retour sur la scène politique? Sandrine a estimé dimanche "impossible" son retour immédiat à l'Assemblée Nationale, alors que le député du Nord a réagi à l'accident survenu à Lille samedi, sa première prise de parole depuis qu'il est visé par une main courante déposée par son épouse.

Si Adrien Quatennens, estampillé LFI, a reconnu des violences conjugales sur son épouse (dont une gifle), Sandrine Rousseau lui demande d'aller plus loin en prouvant "aux femmes, notamment aux femmes battues, que son retour pourrait servir ce combat-là". Il doit en clair montrer ce "qu'il est prêt à faire", a-t-elle ajouté dans l'émission Questions politiques sur France Inter, France Télévisions, en partenariat avec Le Monde.

"La question (du retour) ne m'est pas posée à moi, elle est posée et à LFI et à Adrien Quatennens", a toutefois rappelé la députée. Les Insoumis ont récemment évoqué une "réflexion" sur un possible retour au Palais Bourbon du député nordiste. Il était jusqu'à il y a peu en arrêt maladie.

"Moi je lui dis, c'est impossible de revenir maintenant à la veille d'une manifestation contre les violences comme si de rien n'était", a-t-elle précisé, en mentionnant la manifestation contre les violences sexistes et sexuelles organisée le samedi 19 novembre par le collectif #NousToutes.

"Une gifle n'est jamais anodine, c'est un délit" et "la justice doit passer", a insisté Sandrine Rousseau.

"Maintenant, il y a la question pas encore abordée dans le cadre de MeToo qui est celle du retour et de la réhabilitation", a relevé la députée de Paris. Et de lancer à Adrien Quatennens : "Il y a 200.000 femmes battues, qu'es-tu capable de faire pour elles?"

Olivier Véran "très mal à l'aise" à l'idée de son retour

Interrogé sur BFMTV dimanche, le porte-parole du gouvernement Olivier Véran s'est dit pour sa part "très mal à l'aise" quant à un éventuel retour, même si Adrien Quatennens "n'est pas inéligible aujourd'hui".

"Dans sa vie privée, il s'est manifestement rendu coupable d'un délit grave (...) Le comportement d'un député dans sa vie privée doit être d'autant plus exemplaire qu'il a vocation à représenter les autres", a estimé Olivier Véran. Adrien Quatennens est-il disqualifié comme acteur politique? "Oui", a répondu le ministre.

Invitée de Radio J, la présidente de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet (Renaissance) a partagé un avis différent ce dimanche. Elle a estimé, à propos d'Adrien Quatennens, qu'"aujourd'hui rien ne l'empêche de revenir siéger sur les bancs de l'Assemblée nationale", en l'absence de condamnation. "J'en appelle au respect de tous", a-t-elle exigé.

Sur Public Sénat, l'Insoumis Alexis Corbière avait indiqué jeudi qu'il n'y a "rien d'établi" mais que "la présidente du groupe" Mathilde Panot "a fait savoir qu'une réflexion était engagée" sur un possible retour d'Adrien Quatennens à l'Assemblée. Selon des informations de France Info, le retour d'Adrien Quatennens serait envisagé "d'ici la fin du mois".

Article original publié sur BFMTV.com