"Samuel Paty est devenu le visage de la République": l'éloge funèbre d'Emmanuel Macron au professeur assassiné

Robin Verner
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Emmanuel Macron à la Sorbonne.  - BFMTV
Emmanuel Macron à la Sorbonne. - BFMTV

À travers l'Etat et les proches de la victime, c'est toute une nation qui a célébré la mémoire de Samuel Paty ce mercredi soir dans la cour d'honneur de la Sorbonne à Paris. Un hommage national était rendu ce mercredi soir au professeur d'histoire-géographie, décapité vendredi soir à Conflans-Sainte-Honorine alors qu'il sortait tout juste du collège.

"Je suis venu vous parler de Samuel Paty"

300 personnes, parterre composé des plus grands personnages de l'Etat, de parlementaires, d'amis ou de parents, ont pu y assister, sans compter les Parisiens qui se sont rassemblés devant les écrans géants disposés non loin de là. Après les prises de parole de familiers, et d'une collègienne, Emmanuel Macron est monté sur l'estrade jetée au beau milieu de la maison-mère de l'Université française.

"Je ne parlerai pas du cortège des terroristes, de leurs complices et de tous les lâches qui ont commis et rendu possible cet attentat. Je ne parlerai pas de ceux qui ont livré son nom aux barbares. Ils ne le méritent pas. Je suis venu vous parler de Samuel Paty", a initié le président de la République.

"Ce soir, je veux parler de votre fils, de votre frère, de ton père, de votre collègue, votre professeur tombé parce qu’il avait fait le choix d’enseigner", a-t-il continué.

Le rêve de Jaurès

"Samuel Paty était de ces professeurs que l'on n'oublie pas. De ces humbles qui se remettaient mille fois en question comme pour ce cours sur la liberté de conscience. Samuel Paty incarnait au fond le professeur dont rêvait Jaurès dans cette lettre aux instituteurs qui vient d'être lue, la fermeté unie à la tendresse, celui qui montre la grandeur de la pensée, enseigne le respect, donne à voir ce qu'est la civilisation", a-t-il loué.

Emmanuel Macron a proclamé: "Samuel Paty incarnait la République qui renaît chaque jour dans les salles de classe, la liberté qui se transmet et se perpétue dans les écoles". "Faire des républicains, c’était le combat de Samuel Paty", a énoncé le chef de l'Etat. "Samuel Paty est devenu vendredi le visage de la République", a-t-il poursuivi, promettant plus tard:

"Nous continuerons, professeur. Nous défendrons la liberté que vous enseigniez si bien et nous porterons la laïcité, nous ne renoncerons pas aux caricatures, aux dessins, même si d'autres reculent". "Nous continuerons le combat pour la liberté et la liberté dont vous êtes désormais le visage", a-t-il achevé dans une dernière adresse au défunt.

Article original publié sur BFMTV.com