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Dans « Sambre » sur France 2, la scène finale était indispensable pour rendre justice aux victimes de viol

La scène finale de la série de France 2 « Sambre » explique parfaitement tout l’objectif de la série.
© What's Up Films La scène finale de la série de France 2 « Sambre » explique parfaitement tout l’objectif de la série.

TELEVISION - Il était impensable de ne pas leur laisser le dernier mot, la dernière image. Après trois soirées très suivies par les téléspectateurs, la série Sambre s’achève sur France 2 ce lundi 26 novembre. Les deux derniers épisodes suivent l’accélération de la traque du violeur Enzo Salina, campé par Jonathan Turnbull.

Et les toutes dernières minutes sont centrées sur le personnage de Christine incarnée par Alix Poisson, première victime, qui incarne toutes les autres, qui se rend au procès de son agresseur. Une scène finale poignante qui était indispensable pour clore cette série émouvante.

« Sambre » sur France 2 : cette série sur un fait divers vieux de 30 ans dit beaucoup de notre rapport au viol

Pour rappel, Sambre est l’adaptation de l’enquête journalistique d’Alice Géraud sur le violeur de la Sambre qui a sévi pendant 30 ans dans une zone géographique très restreinte, agressant au petit matin des dizaines de femmes. Ici, il n’est pas question de suivre, ni même de résumer le procès d’Enzo Salina, personnage inspiré par le vrai violeur, Dino Scala. Mais de mettre en lumière ses 54 victimes reconnues.

Attention, la suite de cet article contient des éléments sur le dénouement de la série.

Dans les dernières minutes de la série, Christine, mère de famille au destin scarifié par le viol qu’elle a subi, entre dans le tribunal et va s’asseoir sur un banc. Elle est entourée de dizaines de femmes qui comme elle, ont vécu l’impensable, et depuis, ne font que survivre. Tout au long de la série, Christine s’est refermée autour de son déni. « Je n’ai pas été violée, j’ai eu beaucoup de chance », affirmait-elle encore lors de l’épisode 5.

Mais le jour du procès, elle semble s’être libérée, elle met du rouge à lèvres et une robe. Le réalisateur Jean-Xavier Lestrade laisse entrapercevoir que Christine a désormais un avenir, maintenant que la justice a enfin fait son travail. La caméra reste fixée sur elle jusqu’à la dernière seconde, car elle est l’incarnation de toutes les victimes.

Sambre veut rendre leur lumière aux victimes

On ne voit pas entrer le violeur dans le box des accusés, et c’est volontaire. Alice Géraud avait expliqué au HuffPost lors de la conférence de présentation de la série début octobre pourquoi. « Il (Dino Scala) était comme un poisson dans l’eau dans son box à son procès. On ne voulait pas montrer ça ». Mais à l’inverse, la journaliste et le réalisateur ont tenu à mettre en lumière les victimes.

« C’est une série pour ces victimes, les vraies, celles que j’ai rencontrées et qui sont marquées à vie. C’est une série pour dire une vérité sociétale. Mais il y a des choses qu’on ne peut dire qu’avec la fiction et notamment l’intime. La fiction a une force de frappe qui parle beaucoup plus dans l’imaginaire collectif. »

La série dans son intégralité renforce cette volonté de montrer toute l’étendue des conséquences d’un viol sur une vie humaine. 5, 10, 20 ou 25 ans après leur viol, tout ce que disent les femmes qui représentent les victimes du violeur de la Sambre est leur vérité.

« Je n’ai rien oublié, rien. Même son odeur, je l’ai encore », explique une mère de famille au policier interprété par Olivier Gourmet. « Les gens, ils ne comprennent pas, et disent ’depuis tout ce temps quand même…’ Mais je ne sors jamais seule, même pour faire mes courses », confie une autre femme derrière les hauts murs qui protègent sa maison. Une autre encore, a la voix qui tremble au moment de raconter des années plus tard son agression.

Une série sur la longévité d’un traumatisme

Pour les victimes de Dino Scala, malgré l’arrestation de leur violeur, le traumatisme est encore réel. « Nous n’avons d’ailleurs volontairement pas tourné dans la Sambre », précise Alice Géraud. « Et nous avons vraiment fait en sorte de les accompagner en amont de la sortie de la série, pour que leur traumatisme ne resurgisse pas. »

En juillet 2022, Dino Scala a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour 54 agressions sexuelles ou viols. Il avait finalement annoncé faire appel, avant de se rétracter. Une décision qui avait soulagé ses victimes d’après Alice Géraud : « Depuis qu’il a renoncé à faire appel de cette décision, pour elles, un poids s’est levé ».

Mais pour une infinité d’autres victimes de violence sexuelle, il pèse encore très lourd. Et Sambre a peut-être un peu, à sa manière, participé à l’alléger.

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