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"On sait ce que l'on cherche" : six mois après la disparition d'Émile, les enquêteurs restent confiants

Porté disparu depuis le 8 juillet 2023 dans le village du Haut-Vernet, le jeune Émile continue d'être activement recherché par les enquêteurs. Le procureur de la République d'Aix-en-Provence, sollicité par BFMTV, évoque un "dossier vivant, très vivant".

"L'enquête ne piétine pas". Plus de 6 mois après la disparition du jeune Émile, la quinzaine d'enquêteurs de la section de recherches de Marseille continue d'exploiter et de recouper "très nombreuses informations". Parmi elles figurent notamment celles recueillies lors de la trentaine de perquisitions menées début novembre au Vernet et dans d'autres régions.

"Nous sommes dans le temps long des analyses techniques", confie Jean-Luc Blachon, procureur d'Aix-en-Provence à BFMTV, "le dossier est vivant, il est très vivant".

Un enquêteur en première ligne indique à BFMTV que lui et ses équipes sont activement à la recherche "d'un détail qui pourrait faire basculer l'affaire".

"Il y a encore beaucoup d'auditions"

"On sait ce que l'on cherche [...] Il y a encore beaucoup de choses à faire" confie ce même enquêteur à propos de l'analyse technique de toutes les données recueillies. Celle-ci pourrait toutefois prendre encore "plusieurs mois" et mobilise l'IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale), les enquêteurs N'tech (spécialisés dans les technologies numériques) et les des analystes criminels.

Alors que plus d'une centaine d'auditions ont été réalisées depuis le début de l'affaire en juillet 2023, un enquêteur précise à BFMTV qu'"il y a encore beaucoup d'auditions partout en France". Reste que six mois après la disparition de l'enfant, aucune hypothèse n'est exclue.

"La piste de l'accident, elle est toujours là, elle existe", explique le procureur d'Aix-en-Provence à BFMTV.

Au début de l'affaire, d'importants moyens de recherches avaient été mobilisés et pas moins de 800 personnes avaient participé aux battues. "On est peut-être passés à côté. On peut avoir mal cherché", confie le procureur aujourd'hui, qui se "refuse à faire des hypothèses."

Depuis les nombreuses perquisitions du 7 novembre dernier, il n'y a toutefois "pas (eu) de nouvelles recherches opérationnelles de la même importance," confie un enquêteur en première ligne à BFMTV, affirmant que les investigations se poursuivent.

"Non, l'enquête ne piétine pas", assure-t-il encore.

"Tout n'a pas été exploré"

Quid de nouvelles recherches opérationnelles à venir? Le procureur d'Aix-en-Provence évoque alors le "changement de végétation" au Vernet du fait de l'hiver: "je ne m'interdis rien!"

"Mon inquiétude est qu'on n'arrive pas à faire aboutir ce dossier [...] Ce serait une faute morale de ne pas garder espoir", répond encore le procureur. "Dans cette enquête, personne n'a abandonné. Il y a encore du travail à faire, tout n'a pas été exploré".

Une certitude cependant: aucun membre de la famille du petit Émile, ni personne d'autre d'ailleurs, n'a pour l'heure été inquiété par la justice.

"Il n'y a pas eu de garde à vue depuis le début de l'affaire", confirme le procureur.

Des analyses, avant un retour des enquêteurs au Vernet?

Le temps est aujourd'hui celui de l'"analyse de l'ensemble des éléments recueillis" par les enquêteurs, avec un nombre "important" de données numériques et de téléphonie de personnes ayant borné sur place ou aux alentours du Haut-Vernet le 8 juillet 2023.

La mise en place de nouvelles opérations sur le terrain reste en l'état encore difficile à prévoir et en quelque sorte conditionnée à la découverte ou non d'un élément provenant de ces analyses. Un retour sur le terrain au Vernet pour les enquêteurs reste évidemment possible.

"Aucune piste n'est privilégiée", réaffirme enfin le procureur.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Disparition d’Emile : le résumé de l'enquête