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Sénégal : l’élection présidentielle reportée sine die

“Ce coup de théâtre survient à quelques heures de l’ouverture de la campagne, prévue samedi à minuit”, observe stupéfait le média sénégalais Rewmi. “C’est une situation inédite ! ”, s’exclame de son côté Le Quotidien.

Dans une courte allocution télévisée, reprise par le site sénégalais Sud Quotidien, le président Macky Sall a détaillé les raisons l’ayant conduit à reporter le scrutin sine die.

“Notre pays est confronté, depuis quelques jours, à un différend entre l’Assemblée nationale et le Conseil constitutionnel, en conflit ouvert sur fond d’une supposée affaire de corruption de juges”, en lien avec “le processus de vérification des candidatures”, a-t-il déclaré.

Une situation “grave et confuse”, susceptible de “gravement nuire à la crédibilité du scrutin, en installant les germes d’un contentieux pré et postélectoral”, a-t-il estimé.

Ce report constitue “une première dans l’histoire du Sénégal et alimente les inquiétudes quant au processus électoral”, écrit le Washington Post. Et “le choix de reporter le scrutin quelques heures à peine avant le début officiel de la campagne” risque également d’entraîner “une nouvelle vague de protestations”, dans un pays “où le système politique suscite déjà un fort mécontentement”.

“Le Sénégal n’a jamais retardé une élection présidentielle”, renchérit The East African. Depuis son indépendance de la France en 1960, “ses quatre transitions [présidentielles] largement pacifiques et [décidées] dans les urnes, ont bâti sa réputation de démocratie comptant parmi les plus stables d’Afrique de l’Ouest”.

“Imbroglio politico-judiciaire”

“L’imbroglio politico-judiciaire” qui a conduit Macky Sall à reporter le scrutin s’est cristallisé “il y a une semaine, lorsque le Parlement sénégalais a approuvé la création d’une commission chargée d’enquêter sur deux juges du Conseil constitutionnel, pour corruption présumée lors de l’approbation finale des vingt candidats” à la présidentielle, explique El País.

Une commission créée à l’initiative de la coalition de l’opposant Karim Wade, avec le soutien de plusieurs membres du camp présidentiel, et dont on ignore quand elle sera en mesure de rendre ses conclusions. M. Wade, fils de l’ex-président Abdoulaye Wade (2000-2012), fait partie de la quarantaine de candidats retoqués par le Conseil constitutionnel, à l’instar d’un autre ténor de l’opposition, l’opposant Ousmane Sonko.

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