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Le Sénégal entre dans “une zone de turbulences” après le report de l’élection présidentielle

À quelques heures du top départ de la campagne pour la présidentielle du 25 février, le président sénégalais, Macky Sall, a annoncé, dans une adresse télévisée à la nation, le report sine die dudit scrutin.

Le motif essentiel de cette décision, qui a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans le ciel du pays de la Teranga, est donné par le chef de l’État dans son discours : “Alors que s’annonce l’élection présidentielle du 25 février 2024, notre pays est confronté, depuis quelques jours, à un différend entre l’Assemblée nationale et le Conseil constitutionnel, en conflit ouvert sur fond d’une supposée affaire de corruption de juges”, a-t-il laissé entendre.

L’on sait, en effet, que des députés du PDS [Parti démocratique sénégalais], soutenus par certains élus de la coalition au pouvoir, ont soulevé des accusations de corruption contre deux juges du Conseil constitutionnel, qui avait précédemment invalidé la candidature de Karim Wade [en raison de sa double nationalité, française et sénégalaise]. Mais la raison invoquée par Macky Sall pour reporter l’élection est-elle suffisante ?

Le chef de l’État joue les prolongations

Si, pour le chef de l’État, la réponse est “oui” en raison, dit-il, du fait que le Sénégal ne pouvait plus se payer le luxe d’une nouvelle crise après les affrontements meurtriers consécutifs à l’affaire Ousmane Sonko [à la suite de sa condamnation pour “corruption de la jeunesse”, des manifestations avaient éclaté, le 1er juin 2023. En mars 2021, son arrestation pour “viols et menaces de mort” contre une employée d’un salon de beauté avait également provoqué des manifestations durement réprimées], certains y voient plutôt une manœuvre politique.

Et la première de ces motivations est que le chef de l’État joue les prolongations pour mettre de l’ordre dans le camp présidentiel dont le candidat, [le Premier ministre] Amadou Ba, ne fait ni l’unanimité ni le poids pour remporter la victoire à l’élection, de l’avis de certains analystes.

À défaut de parvenir à trouver l’indispensable consensus, certains n’hésitent pas à franchir le Rubicond, en prêtant à Macky Sall l’intention de revenir sur son serment de ne pas se porter candidat à la magistrature suprême en 2024.

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