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Sénégal : une démocratie sous tension

Après plusieurs soubresauts, le premier tour de l’élection présidentielle est finalement prévu ce 24 mars 2024.  - Credit:Mosa'ab Elshamy/AP/SIPA
Après plusieurs soubresauts, le premier tour de l’élection présidentielle est finalement prévu ce 24 mars 2024. - Credit:Mosa'ab Elshamy/AP/SIPA

Affirmer que c'est un Sénégal profondément divisé qui se rendra aux urnes ce 24 mars est un euphémisme. C'est précisément pour cette raison que la portée de ce scrutin décisif à maints égards gagnerait à être analysée à la lumière des transformations multiples dont la nation sénégalaise d'aujourd'hui, fortement clivée, fait l'amère expérience.

Voilà que depuis près d'une décennie, deux visions de la société sénégalaise s'affrontent en s'ignorant, pendant que s'effondrent progressivement les mécanismes traditionnels de régulation sociale et qu'émerge une radicalisation des modes de contestation violente d'une jeunesse disruptive.

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Quand la démocratie vacille…

Dans un pays réputé pour le respect de son calendrier électoral, le report du scrutin par le chef de l'État sénégalais Macky Sall le 3 février, à quelques heures de l'ouverture de la campagne officielle – après que des accusations de corruption ont été portées par le Parti démocratique sénégalais (PDS), formation d'opposition, sur deux juges du Conseil constitutionnel – aurait pu faire basculer le Sénégal dans l'abîme. Car c'est ce contexte inflammable qui déjà avait conduit, au lendemain de la pandémie de Covid-19 et son corolaire de victimes économiques, aux manifestations d'une extrême violence en mars 2021, puis en juin 2023, et causé les dizaines de morts qui peupleront à jamais le mausolée imaginaire des victimes de la démocratie [...] Lire la suite