Sécurité : le paradoxe niçois

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Une policière municipale contrôle les écrans de surveillance, à Nice, en 2011.

Ex-maire de la capitale azuréenne et actuel président de la métropole, Christian Estrosi, a fait de la ville une vitrine sécuritaire, équipée de la pointe des technologies de vidéosurveillance et de la deuxième police municipale du pays. Pour rien ?

A écouter Christian Estrosi, Nice devrait être la ville la plus sûre de France. Pourtant, c’est là que le conducteur d’un camion a pu foncer dans la foule, sur l’artère principale de la ville, sans que rien ne l’arrête malgré une forêt de caméras. Aucune autre cité n’a à ce point mis en avant la sécurité comme une obsession, avec les moyens qui l’accompagnent. En vain dans ce cas précis.

Lors de l’Euro 2016, le président LR de la métropole avait promis «la fan zone la plus sûre de France», la seule en particulier à être dotée de portails de détection de métaux à l’entrée, comme dans les aéroports. L’élu aurait voulu ajouter à cela un dispositif de «reconnaissance faciale». Mi-avril, il avait fait devant la presse la démonstration de l’efficacité du logiciel Neoface Watch, qui aurait été le couronnement d’un dispositif de vidéosurveillance inégalé en France. Avec une caméra pour 283 habitants, Nice bat tous les records et peut même «vidéoverbaliser» les stationnements gênants. Au Parlement, le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti avait relayé la demande de légalisation de la reconnaissance faciale. En vain. Le gouvernement a refusé d’autoriser cette expérimentation «attentoire aux libertés».

Persuadé que la vidéosurveillance peut avoir un rôle de prévention, Christian Estrosi s’était permis après les attentats de janvier 2015 une petite leçon de morale à l’intention la capitale en disant : «Si Paris avait été équipé du même matériel que nous, les frères Kouachi n’auraient pas passé trois carrefours sans être repérés.»  Fervent défenseur des polices municipales et longtemps à la tête de la première de France avec 365 agents jusqu’à ce que Marseille ne chipe la place (avec 399 agents), Christian Estrosi voudrait faire de (...)

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