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La sécheresse plombe le bilan de CO2 mondial lié aux énergies en 2023, qui établit un triste record

Les pays concernés par de graves sécheresses, comme la Chine ou le Canada, ont ralenti leur production hydroélectrique et ont recouru à des moyens de production d’électricité polluants, selon l’AIE.

Les émissions mondiales de CO2 liées à l’énergie ont augmenté de 1,1 % en 2023 pour atteindre un niveau record, rapporte l’AIE le 1er mars. (photo : charbon déchargé des cargos à Lianyungang, en Chine)
STR / AFP Les émissions mondiales de CO2 liées à l’énergie ont augmenté de 1,1 % en 2023 pour atteindre un niveau record, rapporte l’AIE le 1er mars. (photo : charbon déchargé des cargos à Lianyungang, en Chine)

CLIMAT - Une croissance qui n’est pas bon signe. Les émissions mondiales de CO2 liées à l’énergie, qui représentent environ 90 % du gaz carbonique émis par les humains, ont augmenté de 1,1 % en 2023 pour atteindre un niveau record. En cause, notamment : un déclin jamais vu de la production hydroélectrique dû à des sécheresses à répétition, a indiqué ce vendredi 1er mars l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

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Ces émissions énergétiques ont ainsi augmenté de 410 millions de tonnes pour atteindre 37,4 milliards de tonnes l’an dernier, selon ce bilan de référence de l’AIE, basée à Paris. La tendance apparaît toutefois moins mauvaise que l’année précédente, puisque les émissions avaient augmenté de 490 millions de tonnes en 2022.

La croissance économique de la Chine aggrave le problème

Le bilan 2023 a été plombé par un déclin record de la production hydroélectrique mondiale en lien avec les sécheresses, graves et prolongées, qui ont affecté plusieurs régions du monde, note ce rapport.

Cet effet s’est traduit, à lui seul, par une augmentation des émissions d’environ 170 millions de tonnes : les pays concernés (Chine, Canada, Mexique,...) ont en effet eu recours à la place à d’autres moyens de production d’électricité polluants, comme le fioul ou le charbon.

Autre cause de ce mauvais bilan : la croissance économique riche en émissions de la Chine, qui a ajouté 565 millions de tonnes de CO2 en 2023. Cette tendance est contraire à celle des économies avancées, qui ont vu leurs émissions enregistrer une baisse record malgré la progression de leur PIB, avec notamment un recours au charbon au plus bas depuis le début des années 1900.

Les chiffres de 2023 ne vont pas dans le bon sens, alors que les émissions de gaz à effet de serre, tous secteurs confondus, doivent chuter de 43 % d’ici 2030 par rapport à 2019 pour espérer tenir la limite de 1,5 °C, fixée par l’accord de Paris, selon le Giec. Ces émissions mondiales doivent aussi atteindre un pic d’ici à 2025.

Du mieux sur les énergies renouvelables

Mais l’AIE tient à souligner l’apport important des énergies « propres », dont les renouvelables (solaire, éolien, hydraulique...). « La transition vers les énergies propres se poursuit rapidement et freine les émissions - même avec une demande énergétique mondiale augmentant plus rapidement en 2023 qu’en 2022 », souligne ainsi le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol.

Entre 2019 et 2023, les émissions liées à l’énergie ont ainsi progressé de quelque 900 millions de tonnes. Mais, souligne l’AIE, ce chiffre aurait été trois fois plus important sans le déploiement de cinq technologies clefs : le solaire, l’éolien, le nucléaire, les pompes à chaleur et les voitures électriques.

L’agence publie d’ailleurs vendredi un rapport distinct consacré spécifiquement au marché des énergies propres, faisant état d’une forte hausse du solaire et de l’éolien. Mais ce déploiement est resté « trop concentré dans les économies avancées et en Chine », tandis que le reste du monde est à la traîne.

« Nous avons besoin d’efforts beaucoup plus importants pour permettre aux économies émergentes et en développement d’augmenter leurs investissements dans les énergies propres », a souligné une nouvelle fois Fatih Birol.

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