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« Rust » : l’armurière du film, Hannah Gutierrez-Reed, jugée coupable d’homicide involontaire

Hannah Gutierrez-Reed au procès du film « Rust », ici le 1er mars 2024. Elle a été jugée coupable.
POOL / Getty Images via AFP Hannah Gutierrez-Reed au procès du film « Rust », ici le 1er mars 2024. Elle a été jugée coupable.

INTERNATIONAL - Une première condamnation. L’armurière du film Rust, produit par Alec Baldwin et sur le tournage duquel la directrice de la photographie avait été tuée par un tir, a été jugée coupable d’homicide involontaire ce mercredi 6 mars par un tribunal américain.

Au procès de l’armurière de « Rust », Alec Baldwin mis en cause pour son attitude imprudente avec les armes

Responsable des armes sur cette production dotée d’un budget serré, Hannah Gutierrez-Reed a été accusée de négligences répétées par les procureurs. Elle risque jusqu’à 18 mois d’emprisonnement. Le procès de l’acteur et réalisateur Alec Baldwin, également accusé d’homicide involontaire, aura lieu en juillet.

Le tournage de « Rust » avait viré au drame en octobre 2021 dans un ranch de cet État du sud-ouest des États-Unis. Alec Baldwin avait pointé une arme censée ne contenir que des balles à blanc, mais dont un projectile bien réel avait tué la directrice de la photographie Halyna Hutchins et blessé le réalisateur Joel Souza.

Négligences de l’armurière

Le procès a tenté d’expliquer comment cette balle meurtrière – l’une des nombreuses munitions réelles collectées par les enquêteurs – avait pu se retrouver sur le plateau, au mépris des règles de sécurité communes à toute l’industrie du cinéma.

Pendant les audiences, les jurés ont notamment visionné des images montrant Alec Baldwin manier des armes de manière dangereuse, en les pointant vers d’autres membres de l’équipe, sans que l’armurière n’intervienne.

Selon la procureure Kari Morrissey, l’armurière a fait preuve de négligence le matin du drame : elle n’était pas présente lorsque Alec Baldwin préparait sa scène, et avait laissé la vingtaine d’armes utilisées par la production sans surveillance.

« Roulette russe »

« Elle a laissé l’arme dans l’église » où a eu lieu le drame, « contrairement à toutes les normes qui régissent le travail des armuriers sur les plateaux », a insisté la procureure. « Comme de nombreux témoins vous l’ont dit, elle laissait tout le temps des armes sans surveillance. Le 21 octobre n’avait rien d’inhabituel. »

Kari Morrissey a accusé l’armurière d’avoir apporté des balles réelles sur le plateau et de ne pas avoir effectué les contrôles nécessaires pour s’assurer que les munitions introduites dans le pistolet étaient sans danger : les balles à blanc produisent un cliquetis facilement identifiable lorsqu’on secoue l’arme.

« Si elle ne vérifie pas les munitions factices (...) pour s’assurer qu’il s’agit bien de balles à blanc, (...) c’est un jeu de roulette russe qui s’engage à chaque fois qu’un acteur porte une arme », a taclé la procureure, qui a aussi pointé la consommation de cocaïne de l’armurière en dehors de ses heures de travail.

Gutierrez-Reed sert de bouc émissaire, plaident ses avocats

Hannah Gutierrez-Reed a plaidé non coupable de tous les chefs d’accusation qui la visent. Elle a servi de bouc émissaire à une production qui négligeait la sécurité pour des raisons financières et qui en a fait une « coupable toute désignée », a plaidé Jason Bowles, l’un de ses avocats.

Selon lui, la jeune femme n’avait aucun moyen de savoir que des munitions réelles avaient infiltré le plateau et croyait que la production s’était procuré uniquement des balles à blanc. « La responsabilité revient à la production, comme dans toute organisation. Cela commence au sommet », a-t-il argué.

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