Publicité

La Russie suspend sa participation à l'accord New Start sur le désarmement nucléaire

Le président russe a accusé ce mardi l'Occident d'utiliser le conflit en Ukraine pour "en finir" avec la Russie, dans un discours annuel à la nation, estimant que les Occidentaux portaient "la responsabilité" de l'escalade. Le chef du Kremlin a par ailleurs annoncé la suspension de la participation de Moscou à l'accord New Start sur le désarmement nucléaire.

"Les élites de l'Occident ne cachent pas leur objectif : infliger une défaite stratégique à la Russie, c'est-à-dire en finir avec nous une bonne fois pour toutes", a-t-il martelé, dans cette allocution qui intervient trois jours avant le premier anniversaire de l'offensive russe.

"Régime néonazi"

"La responsabilité de l'escalade dans le conflit ukrainien et ses victimes (...) repose totalement sur les élites occidentales", a encore dit le président russe, répétant sa thèse selon laquelle l'Occident appuie des forces néonazies en Ukraine pour y consolider un Etat antirusse.

Avant cela, il avait affirmé qu'il restait déterminé, un an après le début de son offensive en Ukraine, à la poursuivre, alors que son armée est à la peine depuis des mois sur le champ de bataille, en dépit de la mobilisation de centaines de milliers de réservistes.

"Pour assurer la sécurité de notre pays, pour éliminer les menaces venues d'un régime néonazi existant en Ukraine depuis le coup d'Etat de 2014, il a été décidé de mener une opération militaire spéciale. Et nous allons régler pas à pas, soigneusement et méthodiquement, les objectifs qui se posent devant nous", a-t-il martelé.

Se tenir prêt en cas de test nucléaire américain

Face à l'élite politique du pays et des militaires ayant combattu en Ukraine, il a aussi remercié "tout le peuple russe pour son courage et sa détermination", et misen garde "ceux qui on choisi de trahir la Russie".

Ils "doivent être tenus responsables devant la loi", a-t-il déclaré avant d'assurer qu'il ne s'agissait pas pour autant d'une "chasse aux sorcières".

Vladimir Poutine a en outre appelé les autorités russes à se tenir "prêtes pour des tests d'armes nucléaires" si Washington en réalise en premier au cours de sa prise de parole, fortement hostile aux Occidentaux.

Echec des sanctions, appel aux oligarques à "investir" en Russie

Le leader russe n'a cependant pas exposé de stratégie pour remporter le conflit en Ukraine, ni évoqué les pertes militaires russes, qui selon l'Ukraine et l'Occident sont abyssales.

Evoquant les sanctions internationales qui frappent la Russie, Vladimir Poutine a estimé que les Occidentaux "ne sont arrivés à rien et n'arriveront à rien", alors que l'économie russe a résisté mieux qu'anticipé par les experts.

"Nous avons assuré la stabilité de la situation économique, protégé les citoyens", a-t-il noté, estimant que l'Occident avait échoué à "déstabiliser notre société".

Selon lui, la baisse du PIB en 2022 de seulement 2,1% est un succès. Il a aussi assuré que l'inflation allait bientôt se stabiliser près de son objectif de 4% annuelle.

S'adressant aux richissimes hommes d'affaires russes dont des biens, des yachts ou des comptes ont été saisis à l'étranger dans le cadre des sanctions, le chef du Kremlin a souligné que "personne parmi les gens simples ne les plaint", rappelant comment une élite d'oligarques s'est enrichie à la chute de l'URSS.

Le président russe les a donc appelés au patriotisme économique : "Les sources de bien-être, de l'avenir doivent être ici, dans le pays natal, la Russie". "Investissez en Russie", a-t-il dit, "l'Etat et la société vous soutiendront".

L'Occident décadent

Comme il le fait depuis plusieurs années, Vladimir Poutine a de nouveau présenté l'Occident comme décadent, estimant que la pédophilie y était devenue une norme.

"Regardez ce qu'ils font avec leurs propres peuples : la destruction des familles, des identités culturelles et nationales, la perversion et la maltraitance des enfants jusqu'à la pédophilie, sont déclarées comme étant la norme (...). Et les prêtres sont obligés de bénir les mariages entre homosexuels", a-t-il lancé dans son allocution.