Russie: la journaliste à la pancarte antiguerre a été interpellée

Marina Ovsiannikova et sa pancarte anti-guerre, à Moscou le 14 mars 2022 - Handout © 2019 AFP
Marina Ovsiannikova et sa pancarte anti-guerre, à Moscou le 14 mars 2022 - Handout © 2019 AFP

Son geste avait fait le tour du monde. La journaliste russe Marina Ovsiannikova, devenue célèbre après son irruption en direct à la télévision avec une pancarte critiquant l'offensive de Moscou en Ukraine, a été interpellée dimanche en Russie, ont indiqué son entourage et son avocat.

"Marina a été arrêtée. Il n'y a aucune information sur l'endroit où elle se trouve", indique un message publié par son entourage sur le compte Telegram de la journaliste, ce qu'a également dit son avocat à l'agence de presse Ria-Novosti. Aucune déclaration officielle n'a été faite dans l'immédiat sur les raisons de cette interpellation.

Ce message est accompagné de trois photos sur lesquelles on voit Mme Ovsiannikova, 44 ans, être emmenée vers un fourgon blanc par deux policiers après avoir visiblement été stoppée alors qu'elle se déplaçait à vélo.

Son avocat, Dmitri Zakhvatov, a confirmé l'interpellation à l'agence de presse Ria-Novosti, disant ignorer où sa cliente a été emmenée. "Je présume que cela est lié d'une manière ou d'une autre à son acte de protestation", a-t-il ajouté.

Vers de nouvelles poursuites pénales?

Vendredi, Marina Ovsiannikova a en effet publié sur Telegram des images d'elle brandissant près du Kremlin une pancarte évoquant la mort d'enfants ukrainiens et qualifiant Vladimir Poutine de "tueur".

De telles déclarations pourraient en théorie l'exposer à des poursuites pénales pour publication de "fausses informations" et "dénigrement" de l'armée, des chefs d'accusation passibles de lourdes peines d'emprisonnement.

Cette dernière est devenue mondialement célèbre mi-mars après avoir surgi, en plein journal du soir, sur le plateau d'une chaîne de télévision pro-Kremlin pour laquelle elle travaillait alors avec une pancarte critiquant l'offensive en Ukraine et la "propagande" des médias contrôlés par le pouvoir.

Brièvement détenue dans la foulée, elle avait été relâchée avec une amende à payer. Les images de son geste ont fait le tour du monde, de nombreuses personnes saluant le courage de la journaliste, dans un contexte de répression de toute voix critique en Russie.

Exemple parmi d'autres du climat répressif, le célèbre opposant russe Ilia Iachine a été placé mercredi en détention provisoire dans l'attente de son procès pour avoir critiqué l'opération en Ukraine.

La journaliste ne fait toutefois pas l'unanimité au sein de l'opposition russe, certains continuant de lui reprocher les années passées à travailler pour la chaîne Pervy Kanal, porte-voix du Kremlin.

Après avoir travaillé pendant plusieurs mois à l'étranger, notamment pour le journal allemand die Welt, la journaliste avait annoncé début juillet être rentrée en Russie pour régler un contentieux lié à la garde de ses deux enfants.

Article original publié sur BFMTV.com

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