Russie: un jeune homme mobilisé s'immole par le feu devant un centre de conscription

La victime serait brûlée à 90% et aurait hurlé à plusieurs reprises qu'elle ne souhaitait pas "aller au front."

La séquence montre le profond désarroi dans lequel se trouve une partie de la société russe. Moins d'une semaine après l'annonce par Vladimir Poutine de la mobilisation partielle de 300.000 hommes pour épauler les troupes déjà présentes en Ukraine, un jeune homme a tenté de s'immoler par le feu dans la ville de Ryazan, située au sud-est de Moscou.

Attention, ces images violentes peuvent heurter la sensibilité des plus fragiles.

Lui-même mobilisé, l'homme s'est dirigé vers le parking de la gare routière de la ville, s'est aspergé d'un liquide inflammable avant de prendre feu. Selon le média indépendant Novaïa Gazeta qui a diffusé les images enregistrées depuis des caméras de vidéosurveillance, la victime serait brûlée à 90% et aurait hurlé, au moment de son interpellation, qu'il ne souhaitait pas "aller au front."

"Il se tenait dans la rue, près des bus. Il a pris feu et s'est mis à rire et à crier qu'il ne voulait pas se rendre à l'opération spéciale en Ukraine. Tous ses vêtements ont brûlé. La police est sortie et l'a emmené et plus tard, une ambulance est arrivée", rembobine un témoin auprès de YA62.ru.

Violence exacerbée

Si depuis le 24 février dernier les manifestations contre l'invasion de l'Ukraine étaient restées à la marge en Russie, l'annonce de cette mobilisation partielle a semble-t-il accéléré les événements. Selon Novaïa Gazeta, 54 bureaux d'enrôlement militaire et bâtiments administratifs ont été incendiés depuis le début de la guerre dont 17 ces cinq derniers jours.

Ce lundi, un homme a ouvert le feu dans l'un de ces bureaux de recrutement à Oust-Ilimsk, ville éloignée dans la région d'Irkoutsk, en Sibérie, blessant grièvement un officier qui y travaillait. Le Comité d'enquête russe a indiqué que le suspect, un habitant âgé de 25 ans, avait été arrêté. La victime, elle, est hospitalisée dans un état très grave.

"Des enquêteurs et un criminologue travaillent sur les lieux de l’incident. Toutes les circonstances de l’incident seront clarifiées. Le suspect a été interpellé, il est interrogé par les enquêteurs. La victime quant à elle a été emmenée dans une structure médicale", indique, auprès de BFMTV, Karina Golovatcheva, assistante principale du chef de la commission d’enquête de la région d’Irkoutsk.

Ces derniers jours, des manifestations se sont multipliées dans plusieurs régions défavorisées contre la mobilisation partielle, et parfois chaotique. Le pouvoir russe est accusé de chercher à mobiliser en priorité dans des zones pauvres et isolées.

Depuis les annonces de Poutine, des foules de Russes se sont en outre précipitées aux frontières du pays et dans les aéroports. Dans ce contexte, Dmitri Peskov, s'il a admis des "erreurs" qui devaient être corrigées, a laissé entendre qu'une fermeture des frontières n'était pas exclue pour empêcher les départs des personnes en âge de combattre.

Article original publié sur BFMTV.com

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