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Présidentielle en Russie : les anti-Poutine multiplient les actions symboliques pendant le vote

À midi dans le pays, des électeurs ont rendu hommage à Alexeï Navalny en ce jour de scrutin promis très largement à Vladimir Poutine.

RUSSIE - L’ombre d’Alexeï Navalny plane plus que jamais sur la Russie en ce dimanche 17 mars, jour de vote à l’élection présidentielle. À midi, des queues se sont ainsi formées devant certains bureaux de vote de Moscou, heure à laquelle l’opposition appelait à venir honorer la mémoire du défunt opposant, et dénoncer un scrutin sur mesure pour Vladimir Poutine.

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Par endroits, dans la capitale comme à Saint-Pétersbourg, l’AFP a constaté un afflux, mais dans d’autres endroits, c’était beaucoup plus modeste. Dans l’ensemble, la mobilisation de l’opposition s’est déroulée dans le calme, mais l’ONG OVD-Info, spécialisée dans le suivi de la répression, a fait état d’au moins 74 interpellations en Russie pour diverses formes de protestations électorales.

Au bureau de vote de l’école 2025 de Moscou, quelques dizaines de personnes sont arrivées à midi, le rendez-vous fixé par Ioulia Navalnaïa aux partisans de son mari pour cet hommage.

C’est ici qu’Alexeï Navalny avait fait son meilleur score lors de l’élection municipale à laquelle il s’était présenté en 2013.

« Il n’y a pas tant de monde que ça, mais ça reste un bon résultat », juge Léonid Pakhine, un étudiant de 18 ans venu pour l’occasion, « je n’avais pas d’attente particulière, je suis juste content que des gens soient venus ».

« Cette élection est un moyen d’honorer la mémoire de Navalny »

Denis, un jeune de 21 ans qui travaille dans la publicité, est là pour exprimer son soutien à l’opposition sans risquer de se faire arrêter. « Je suis venu exprimer ma solidarité avec une personne très importante (...) cette élection est un moyen d’honorer la mémoire de Navalny », dit-il.

Olga Mironenko, une employée du secteur des technologies de 33 ans, dit de son côté être venue au nom de la liberté, et parce qu’à midi elle serait parmi « ceux qui sont du côté de la lumière et de la vérité ». Pour l’avenir, elle souhaite « au minimum la liberté ». « Le pétrole, le gaz, le bois, ce n’est pas assez (...) je veux au moins (que mes deux fils, ndlr) puissent exprimer librement leurs opinions et ça, juste, ça n’existe pas », dit-elle.

Dans un autre quartier de Moscou, Marino, devant le bureau où Alexeï Navalny votait, un petit nombre d’électeurs a répondu à l’appel de sa femme. « Je suis venu lui dire au revoir, c’était mon héros », confie Natalia, une retraitée de 65 ans.

Son amie Elena, une ingénieure de 38 ans, l’a accompagnée. Elle aussi est venue « pour la mémoire d’Alexeï ». « C’est notre seule occasion d’exprimer une opinion ».

Olga, 52 ans, se disait satisfaite de cette forme d’action de protestation car elle a pu rencontrer des gens qui, comme elle, ne veulent plus du régime en place, celui de Vladimir Poutine. « J’ai pu rencontrer quelques personnes, leur parler, et j’ai senti qu’ils pensaient la même chose que moi. Je ne suis pas seule », a-t-elle dit, avant de partir avec son fils pour se recueillir sur la tombe de l’opposant, inhumé dans le quartier.

Ce dimanche, au cimetière Borissov de Moscou, des Russes continuaient par ailleurs d’honorer la mémoire de Navalny, en apportant des fleurs et des portraits de l’opposant, comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessous.

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