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Royaume-Uni: la ministre de l'Intérieur nie toute irrégularité autour d'un excès de vitesse

Une nouvelle polémique au sein du gouvernement britannique. La ministre britannique de l'Intérieur, Suella Braverman, accusée d'avoir voulu un traitement de faveur après un excès de vitesse, s'est défendue de toute irrégularité dans cette affaire embarrassante pour le gouvernement de Rishi Sunak.

La très à droite patronne du "Home Office" se trouve sous pression depuis que le Sunday Times a révélé qu'après avoir été verbalisée pour un excès de vitesse l'été dernier, elle a cherché à obtenir un stage de sensibilisation particulier - plutôt qu'ouvert à d'autres contrevenants - pour éviter le retrait de points sur son permis de conduire. Elle aurait pour cela demandé à des fonctionnaires de l'administration qu'elle dirigeait alors d'intervenir, ce qu'ils ne sont pas censés faire pour une affaire personnelle.

"J'ai été verbalisée pour excès de vitesse. J'ai payé l'amende et perdu mes points. A mes yeux, rien d'inconvenant ne s'est produit", a déclaré Suella Braverman aux télévisions britanniques.

"À aucun moment je n'ai cherché à me soustraire à la sanction", a-t-elle insisté au Parlement, refusant de répondre aux questions de l'opposition sur ce qu'elle avait demandé aux fonctionnaires de faire en son nom.

Une première démission sous Truss

"Elle essaie de croire qu'elle est au-dessus des lois", a critiqué la députée travailliste Yvette Cooper, accusant le Premier ministre Rishi Sunak d'être "faible" envers sa ministre. Pour l'opposition travailliste, elle pourrait avoir enfreint le code de conduite ministériel, ce qui en théorie pourrait lui coûter son poste.

Rishi Sunak, de retour du sommet du G7 au Japon, a déclaré au Parlement qu'il voulait que cette affaire soit examinée "correctement" et "professionnellement". Il a confirmé qu'il s'était entretenu avec Suella Braverman et son conseiller éthique Laurie Magnus et qu'il ferait un point "sur le plan d'action opportun en temps voulu".

Suella Braverman avait l'automne dernier dû démissionner du gouvernement de l'éphémère Liz Truss après avoir envoyé des documents officiels depuis une adresse mail personnelle. La décision de Rishi Sunak de la renommer ministre de l'Intérieur quelques jours après cette démission avait été vivement critiquée.

Une série de polémiques

Tenante d'une ligne dure sur la sécurité et l'immigration, la ministre est à la manoeuvre pour tenter de tenir la promesse du Premier ministre de "stopper les bateaux" de migrants qui arrivent illégalement au Royaume-Uni et son discours ferme a suscité plusieurs polémiques.

Cette nouvelle affaire survient quelques jours avant la publication jeudi de chiffres de l'immigration légale potentiellement record, sur fond, selon la presse, de désaccord avec le Premier ministre.

Depuis son arrivée au pouvoir en octobre, marquée par sa volonté affichée de tourner la page des scandales de l'ère Boris Johnson, Rishi Sunak a perdu trois membres de son gouvernement. L'un d'eux, Nadhim Zahawi, a été limogé pour son manque de transparence au sujet de ses démêlés fiscaux, les deux autres, Gavin Williamson et Dominic Raab, ont démissionné après des accusations de harcèlement.

Article original publié sur BFMTV.com