Au Royaume-Uni, des chercheurs vont infecter des volontaires avec le Covid-19

Johanna Amselem
·2 min de lecture
Doctor in protective gloves & workwear holding Testing Kit for the coronavirus test. The doctor is collecting nasal sample for a young lady with a sampling swab.
Doctor in protective gloves & workwear holding Testing Kit for the coronavirus test. The doctor is collecting nasal sample for a young lady with a sampling swab.

À partir du mois de janvier, jusqu'à 90 volontaires âgés de 18 à 30 ans pourraient recevoir le virus par le nez.

C’est une première mondiale. Le Royaume-Uni va devenir le premier pays à infecter délibérément des personnes avec le virus du Covid-19 afin de parvenir à mettre au point un vaccin contre la maladie. Ainsi, près de 90 volontaires âgés de 18 à 30 ans pourraient recevoir prochainement le virus directement dans le nez. Grâce à ces expérimentations, les scientifiques veulent découvrir la dose la plus faible possible avant que l'infection ne se déclenche chez les patients sains. Des conclusions qui pourraient évidemment aider à mettre au point un vaccin contre la maladie.

Cette étude devrait débuter dès le mois de janvier prochain. Pendant la durée de cette expérience, les volontaires séjourneront dans une clinique spécialisée au Royal Free Hospital de Londres. Les symptômes et les éventuelles complications des patients seront scrutés. Au micro de la BBC Radio 4, un volontaire de 18 ans a expliqué vouloir participer à cet essai pour “sortir rapidement le monde de la pandémie”. Le jeune homme a confirmé qu’il serait enfermé pendant au moins deux semaines. L'accès à la clinique sera étroitement contrôlé par une entrée spécifique, une décontamination minutieuse sera réalisée à l'entrée et à la sortie. De plus, un laboratoire a été entièrement dédié aux tests et une filtration de l'air spécifique a été mise en place. Les résultats de cet essai sont attendus au mois de mai de l'année prochaine.

Avancer dans la recherche de vaccin

Cité par le Daily Mail, le professeur Peter Openshaw, de l'Imperial College de Londres, a déclaré que l'étude ne visait pas à rendre les gens malades mais à “faire répliquer le virus dans le nez”. Et de compléter : “Nous pensons qu'en prenant toutes les précautions, nous pouvons vraiment limiter l'infection et ensuite nous devrions être en mesure de le faire en toute sécurité compte tenu de la grande expérience que nous avons dans ce domaine”. Dans l’histoire, de précédents essais de ce style avaient été réalisés au 18e siècle par le scientifique Edward Jenner. Ce dernier avait exposé le fils de 8 ans de son jardinier à un virus pour établir si son vaccin expérimental était efficace.

Il y a tellement de vaccins actuellement en essai sur le terrain dans les essais de phase III. Mais je pense que les vaccins qui arriveront dans les trois ou quatre prochains mois ne seront pas réellement les vaccins que nous utilisons dans deux ou trois ans. Nous avons donc besoin de moyens pour aligner les nouveaux vaccins sur des vaccins dont l'efficacité a été prouvée et de déterminer ce qui les fait fonctionner”, avance le professeur Openshaw. Selon le Financial Times, les volontaires pourraient recevoir plus de 4 000 euros chacun. Une somme qui n’a pas été officiellement confirmée.

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