Route du Rhum : la course au large, une affaire d'ingénieurs

EASY RIDE / BPCE

À six mois du départ de la Route du Rhum, début novembre, nous avons pu naviguer à bord de l'un des favoris de cette course transatlantique, le maxi-trimaran "Banque Populaire XI". L'occasion de découvrir les dessous d'un des voiliers les plus rapides du monde.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°905-906, daté juillet-août 2022.

Que ressent-on à bord d'un voilier de 32 mètres de long filant à près 70 km/h sur une mer légèrement formée ? La force du vent engendré par la vitesse, l'humidité des embruns lorsque la houle frappe la coque… Mais ce qui domine, c'est la sensation de glisser entre ciel et mer, presque sans à-coups, en silence. Car le navire vole, porté par ces appendices, six en tout dont deux impressionnants foils. À bord, le skippeur Armel Le Cléac'h étudie avec son équipe technique les réactions de l'un des bateaux les plus rapides du monde. Et lorsqu'il vous confie un instant la barre, c'est l'occasion de réaliser à quel point le trimaran répond avec précision et rapidité au moindre changement de cap. Le piloter est un jeu d'enfant, en apparence…

16 tonnes soulevées d'un bon mètre au-dessus de l'eau

Quatre ans après le chavirage spectaculaire de Banque Populaire IX (BP IX) lors de la précédente Route du Rhum, entre Saint-Malo et la Guadeloupe, voici donc son successeur officiel (BP X étant, lui, un monocoque). Construit en 24 mois à Lorient, BP XI s'appuie comme le précédent sur la technologie des foils pour "décoller". Ceux-ci fonctionnent à la manière d'une aile d'avion. La partie horizontale immergée, le tip, assure la portance. Avec la vitesse, une dépression se crée sur sa partie supérieure, ce qui engendre en réaction une poussée du bas vers le haut qui soulève les 16 tonnes du navire d'un bon mètre au-dessus de l'eau.

Le bateau "vole" toujours sur un seul foil, celui sous le vent. Il s'appuie aussi sur deux plans porteurs au niveau des safrans (gouvernail) à l'arrière, et sur sa dérive centrale. Il a toujours ainsi quatre points de contact avec l'eau qui assurent sa stabilité. Leur surface totale ne dépasse pas 5 m². Bien moins que le trimaran entier, se composant d'une coque centrale et de deux flotteurs, de 32 mètres de long, l'ensemble s'étalant sur 23 mètres de lar[...]

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