Roumanie: Deuxième journée de manifestations contre le pouvoir

Les Roumains ont à nouveau manifesté samedi à Bucarest et dans les principales villes du pays pour demander la démission du gouvernement social-démocrate, accusé de promouvoir la corruption. /Image diffusée le 11 août 2018/REUTERS/Inquam Photos/Octav Ganea (Reuters)

par Radu-Sorin Marinas

BUCAREST (Reuters) - Les Roumains ont à nouveau manifesté samedi à Bucarest et dans les principales villes du pays pour demander la démission du gouvernement social-démocrate, accusé de promouvoir la corruption.

Les manifestations, contre la corruption et la volonté des politiques de dépénaliser plusieurs délits de corruption, ont été pacifiques à la différence de ce qui s'est passé vendredi. La police anti-émeute avait utilisé des gaz lacrymogènes et utilisé un canon à eau lors d'un grand rassemblement dans le centre de Bucarest. Des centaines de personnes, dont de nombreux Roumains travaillant en Europe occidentale et des policiers, avaient dû recevoir des soins médicaux.

Samedi soir, quelque 40.000 personnes se sont rassemblées devant les bureaux du gouvernement dans la capitale, soit moins que les 100.000 de la nuit précédente, aux cris de "Démission ! Démission!". Elles soufflaient dans des vuvuzelas et brandissaient des drapeaux roumains et de l'Union européenne.

La Roumanie, pays de 20 millions d'habitants, figure parmi les pays les plus pauvres et les plus corrompus de l'Union européenne.

Des milliers de personnes ont également manifesté dans les villes de Cluj, Sibiu et Brasov, en Transylvanie, à Timisoara, à la frontière avec la Serbie et à Iasi, dans l'est.

Des rassemblements pacifiques ont eu lieu à plusieurs reprises depuis que les sociaux-démocrates ont pris le pouvoir début 2017 et ont tenté de dépénaliser plusieurs infractions liées à la corruption.

Au début de cette année, les parlementaires du Parti social-démocrate ont fait voter une révision du code pénal, suscitant des inquiétudes de la part de la Commission européenne et du département d'État américain. Ces changements font l'objet d'un recours devant la Cour constitutionnelle.

Dans une lettre ouverte, Liviu Dragnea, président du Parti social-démocrate et président de la Chambre des députés, considéré comme le chef de facto du gouvernement, déclare que son parti et le gouvernement ne céderont pas aux appels à la démission. La Première ministre roumaine est Viorica Dancila.

"Je veux assurer à tous les Roumains que le Parlement ne permettra à personne de dissoudre la démocratie, de suspendre les droits et libertés individuels, de changer l'issue des élections et de renverser l'ordre par la violence dans l'Etat roumain", écrit-il.

Liviu Dragnea a été condamné en juin à trois ans et demi de prison pour incitation à l'abus de pouvoir. La décision fait l'objet d'un recours.

(Danielle Rouquié pour le service français)