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La rotation des cultures permettrait de réduire l’usage des pesticides

Le retour d’expérience de près de 3000 exploitations agricoles montre que la gestion des assolements permettrait de réduire de 20% l’usage des pesticides. Tandis qu’une étude américaine apporte la preuve que les cultures en mélange sont plus productives que les productions monospécifiques. Deux résultats scientifiques qui appuient la pertinence de la transition agroécologique.

Mis en place en 2010 à la suite du "Grenelle de l’environnement", le réseau DEPHY (défi phytosanitaire) regroupe environ 3000 exploitations agricoles qui se sont volontairement engagées dans des expérimentations sur la réduction des pesticides. Les agriculteurs ne sont pas seuls face aux innovations à mener. Ils sont réunis en groupes régionaux d’une quinzaine de fermes conseillées par un référent agronome et suivis par des ingénieurs. Les résultats sont regroupés dans une base de données que les chercheurs de l’Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) ont pu étudier. C’est ainsi plus d’une décennie d’essais en plein champ regroupant plus de 14 000 observations au sein de 1334 systèmes de grande culture en France qui viennent de faire l’objet d’un article dans la revue Nature Communications. Principale conclusion : plus on augmente le nombre de cultures et plus on introduit de rotations entre elles sur les parcelles, moins on a besoin de pesticides. Une diminution qui peut atteindre les 20%. Pas rien.

La spécialisation croissante des exploitations a réduit fortement l’assolement, qui se déroule majoritairement sur trois ans, avec alternance de blé, oléagineux (colza, tournesol), maïs. Mais la pratique reste cependant soumise aux exigences de la politique agricole commune. Les plus grandes fermes industrielles tournent même sur deux cultures reposant sur les variétés les plus productives nourries d’engrais chimiques et protégées par de fortes doses de pesticides. "Les volontaires du réseau DEPHY ont majoritairement choisis d’étendre la durée de rotation en introduisant des cultures de légumineuses notamment ,mais également en augmentant la diversité au sein d’une même famille, par exemple en faisant alterner le blé avec l’orge, l’avoine ou le seigle", détaille Maé Guinet, chercheuse à l’institut Agro de Dijon et coauteure de l’étude.

Couper le cycle de reproduction des ravageurs

Certains agriculteurs ont ainsi ex[...]

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